Liverpool est-il en train de perdre son avantage sous la houlette de Slot ?
Pendant une grande partie de la saison dernière, l’évolution de Liverpool sous la direction d’Arne Slot a donné l’impression d’une transition sans heurts. L’intensité qui caractérisait l’ère Jürgen Klopp a été atténuée, remplacée par une approche plus contrôlée et mesurée un changement déjà mis en lumière à l’époque par les analyses de BBC Sport.
Aujourd’hui, ces mêmes évolutions commencent à révéler certaines fissures.
Un contrôle sans véritable maîtrise
Les difficultés récentes de Liverpool tiennent moins à des résultats isolés qu’à la manière dont les matchs se déroulent. Des avantages ont été dilapidés, le rythme a baissé et des rencontres autrefois maîtrisées deviennent difficiles à conclure.
Après un match nul 1-1 contre Burnley en janvier, le capitaine Virgil van Dijk a déclaré : « Après 60 minutes, nous avons commencé à devenir brouillons, et ce n’est pas la première fois. Nous devons corriger cela. »
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BBC Sport a relevé des préoccupations similaires concernant l’incapacité de Liverpool à conserver la maîtrise des matchs cette saison, malgré une approche plus structurée.
Un système qui a perdu son tranchant
Une partie du succès initial de Slot tient peut-être à ce qui existait déjà. Le Liverpool de Klopp reposait sur une débauche d’efforts physiques : pressing agressif, mouvements constants et capacité à submerger l’adversaire.
BBC Sport a suggéré que les idées de Slot ont d’abord si bien fonctionné parce qu’elles se sont appuyées sur cette base physique. Avec un effectif en pleine forme, encore habitué à un football de haute intensité, l’équilibre entre contrôle et agressivité s’est révélé efficace.
Cet équilibre semble désormais plus difficile à maintenir.
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Les changements dans l’effectif ont modifié le profil de l’équipe, notamment en attaque. Comme le souligne l’analyse de BBC Sport, Liverpool ne dispose plus du même volume de travail défensif en provenance de sa ligne offensive, ce qui a des répercussions sur l’ensemble du terrain. Le pressing est moins coordonné, les déclencheurs sont plus lents et les adversaires trouvent plus facilement des solutions pour franchir le premier rideau.
Plus de sécurité avec le ballon, mais plus facile à défendre
Cette évolution est tout aussi visible dans le jeu de possession. Liverpool projette moins de joueurs vers l’avant dans les premières phases et recycle davantage le ballon au lieu de forcer les ouvertures.
Selon BBC Sport, on observe une baisse générale de la prise de risques, avec et sans ballon : l’équipe récupère moins souvent le ballon et adopte une approche plus prudente dans la construction des attaques.
Cette prudence limite les pertes de balle, mais elle ralentit également le jeu. Les adversaires ont davantage de temps pour se réorganiser défensivement, se repliant souvent dans des blocs bas compacts difficiles à déséquilibrer.
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Slot a reconnu en début de saison que les équipes défendent plus bas contre Liverpool qu’auparavant. Mais le problème ne tient pas seulement à la tactique adverse : il concerne aussi le temps que met Liverpool à amener le ballon dans les zones dangereuses.
L’analyse de Van Dijk après la défaite contre Wolverhampton selon laquelle l’équipe avait été « trop lente et prévisible dans la possession » reflète une tendance de fond plutôt qu’une performance isolée.
L’absence de menace verticale
L’un des changements les plus subtils concerne la vitesse de progression du ballon. BBC Sport avait déjà mis en avant le rôle de Trent Alexander-Arnold dans l’accélération des attaques, grâce à sa qualité de passe qui permettait de contourner la pression et d’exploiter les espaces avant que les défenses ne se replacent.
Sans ce même niveau de progression directe, les attaques se développent désormais plus lentement. Le résultat est une équipe qui a beaucoup le ballon, mais qui crée moins de situations de véritable désorganisation chez l’adversaire.
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La différence n’est pas seulement stylistique : elle modifie le type d’occasions que Liverpool est capable de se procurer.
Retrouver le bon équilibre
Rien de tout cela ne signifie que Liverpool doive simplement revenir à l’approche de Klopp. L’effectif a évolué, tout comme les exigences physiques. Un retour à un pressing constant et intense ne résoudrait pas nécessairement les problèmes actuels.
Mais, comme le suggère l’analyse de BBC Sport, le curseur a peut-être trop basculé vers la prudence.
À l’heure actuelle, Liverpool paraît organisé mais peu menaçant, structuré mais pas assez décisif. Le défi pour Slot est de réintroduire une certaine prise de risques des passes plus rapides vers l’avant, des déclencheurs de pressing plus vifs, davantage d’imprévisibilité sans perdre la structure qu’il a mise en place.
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Car pour l’instant, Liverpool est plus prévisible. Et en Premier League, c’est souvent le premier signe qu’un changement s’impose.
Sources : BBC Sport
