La Fédération allemande de football (DFB) a refusé d’approuver la candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la FIFA, infligeant un rare revers public à l’une des figures les plus puissantes du football mondial.
Des responsables de la FIFA ont approché les associations européennes participant à la Coupe du Monde et ont sollicité des signatures pour une lettre de soutien à Infantino en vue de l’élection présidentielle de 2027.
L’Allemagne a refusé.
Selon le rapport de BILD sur cette démarche interne, le directeur européen de la FIFA, Elkhan Mammadov, a contacté les 16 fédérations européennes représentées au tournoi et les a encouragées à soutenir le président en exercice. Le président de la DFB, Bernd Neuendorf, n’a pas signé la lettre.
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Ce refus est politiquement significatif, mais il ne constitue pas encore une campagne officielle allemande contre Infantino.
La DFB maintient sa décision finale ouverte
La DFB a confirmé qu’elle n’avait pas signé le document, mais a déclaré que ses instances dirigeantes examineraient les mesures à prendre ensuite.
« Les prochaines étapes seront discutées par le comité exécutif de la DFB », a déclaré la fédération dans un communiqué rapporté par ZDF.
Neuendorf avait déjà refusé de s’engager immédiatement lorsque Infantino avait annoncé sa candidature lors du Congrès de la FIFA à Vancouver.
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« La candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la FIFA n’est pas une surprise », a déclaré Neuendorf dans le communiqué officiel de la DFB publié en mai.
« Cette fonction implique une grande responsabilité. L’évaluation d’une candidature n’est pas ma seule décision, mais relève de nos instances dirigeantes.
« Nous examinerons donc la candidature au sein de la DFB et avec la DFL, et prendrons une décision après la date limite de dépôt des candidatures. »
L’Allemagne a donc retenu son soutien précoce plutôt que d’annoncer définitivement qu’elle voterait contre Infantino.
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Cette distinction est importante. La DFB pourrait toujours le soutenir plus tard, appuyer un autre candidat ou s’abstenir s’il se présente sans opposition.
La controverse de la Coupe du Monde accroît la pression
Cette décision intervient durant une période difficile pour Infantino, dont la relation avec le président américain Donald Trump a fait l’objet d’un examen renouvelé pendant la Coupe du Monde.
La controverse la plus sérieuse concerne l’attaquant des États-Unis, Folarin Balogun. Sa suspension a été convertie en sursis après que Trump a publiquement déclaré avoir contacté Infantino et demandé que la sanction du carton rouge soit réexaminée.
L’organisation britannique de défense des droits de l’homme FairSquare a ensuite déposé une plainte auprès de la commission d’éthique du Comité International Olympique, alléguant des violations répétées des règles de neutralité politique.
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Selon le compte rendu de la plainte par Le Monde, FairSquare a soutenu que des pressions politiques auraient pu influencer le processus disciplinaire. La FIFA n’a pas fourni de preuves qu’Infantino ait personnellement dirigé la décision, et l’allégation reste non prouvée.
BILD a rapporté que la controverse Balogun a renforcé le désir de l’Allemagne de prendre ses distances avec le président de la FIFA.
Infantino reste le grand favori
Malgré le refus allemand, la position d’Infantino n’est pas considérée comme étant en danger immédiat.
Il a officiellement annoncé sa candidature lors du 76e Congrès de la FIFA, déclarant aux délégués : « Je veux vous dire d’abord, aux 211 associations membres de la FIFA, que je serai candidat à l’élection du président de la FIFA l’année prochaine. »
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La déclaration a été publiée dans le compte rendu officiel de la FIFA sur le congrès de Vancouver.
Infantino bénéficie déjà d’un large soutien des associations d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud. Aucun candidat opposant ne s’est officiellement déclaré, ce qui signifie que le refus de l’Allemagne apparaît actuellement plus symbolique que décisif.
L’élection aura lieu lors du Congrès de la FIFA à Rabat le 18 mars 2027, tandis que les associations nationales ont jusqu’au 18 novembre 2026 pour nommer des candidats.
Une nouvelle victoire maintiendrait Infantino en fonction jusqu’en 2031 et devrait représenter son dernier mandat autorisé selon les règles actuelles de la FIFA. Sa période initiale après avoir remplacé Sepp Blatter en 2016 ne compte pas comme un mandat complet aux fins de cette limite.
L’Allemagne envoie un avertissement
La DFB avait également refusé son soutien direct lorsqu’Infantino a été réélu sans opposition en 2023.
Les relations entre les deux parties avaient ensuite été décrites comme s’étant améliorées, mais la dernière décision de l’Allemagne montre que la méfiance sous-jacente n’a pas disparu.
Pour Infantino, perdre un soutien n’empêchera probablement pas une nouvelle victoire électorale. Le plus grand danger est que la position de l’Allemagne offre aux autres fédérations européennes une couverture politique pour refuser un soutien automatique.
La FIFA souhaitait une démonstration d’unité autour de son président. L’une des associations les plus influentes du football européen a plutôt choisi de s’en tenir à l’écart.



