Selon les statuts mêmes de la FIFA, 20 % des membres de l’instance dirigeante mondiale doivent déposer une demande écrite pour déclencher un congrès extraordinaire. Avec 211 associations, cela représente 43 signatures. Si elles arrivent à temps, un congrès d’urgence doit être convoqué, et la majorité simple des suffrages exprimés suffirait à démettre le président.
Le calendrier est la contrainte la plus serrée. Selon le calendrier qui rythme désormais la crise, le 23 septembre est le dernier jour où une motion de censure peut être inscrite à l’ordre du jour d’un congrès extraordinaire fixé au 23 novembre.
Si la date de septembre est manquée, la voie d’urgence se referme. Les opposants d’Infantino n’auraient alors plus qu’à attendre l’élection présidentielle ordinaire à Rabat, le 18 mars 2027, les candidatures devant être déclarées avant le 18 novembre.
Les confédérations n’apportent pas les voix de leurs membres
La FIFA fonctionne sur le principe d’un membre, une voix. Chacune des 211 associations nationales choisit indépendamment de signer ou non la pétition et, en cas de vote en séance, la façon dont elle exprimera son suffrage. Les confédérations peuvent faire du lobbying, apporter leur soutien ou critiquer publiquement, mais elles ne peuvent pas engager leurs membres. Cette distinction compte à mesure que la carte publique se durcit.
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La CAF et la CONMEBOL soutiennent le président
La Confédération africaine de football, qui compte 54 des 211 membres de la FIFA, a reconfirmé à l’unanimité son soutien à Infantino lors d’un vote de son comité exécutif tard dans la soirée du jeudi 6 août. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a exposé sa position en termes personnels.
« Je soutiens personnellement Gianni Infantino. Il est loyal envers l’Afrique. Je viens d’un milieu où, quand des personnes ont été loyales avec vous, on ne les poignarde jamais dans le dos. »
La confédération sud-américaine CONMEBOL, qui compte 10 membres, a suivi la même voie. Son président Alejandro Domínguez a déclaré publiquement qu’« on ne peut ignorer le travail formidable » accompli par Infantino, ajoutant qu’« il faut continuer à travailler pour le football par le dialogue ; il n’est pas nécessaire d’être toujours d’accord ».
Le comité exécutif de la Confédération océanienne de football a fait de même après s’être réuni aux Fidji, même si la Nouvelle-Zélande a par la suite rompu les rangs et réclamé un examen indépendant, invoquant des préoccupations concernant la gouvernance, la responsabilité et la transparence de la FIFA.
L’Europe maintient son boycott
L’UEFA est le pôle de la résistance. Ses 55 associations ont voté le 30 juillet le boycott de toutes les compétitions de la FIFA en signe de protestation contre le projet, désormais abandonné, d’Infantino de vendre pour 20 milliards de dollars de participations dans les droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Quand Infantino y a renoncé, l’UEFA n’a pas assoupli sa position.
La présidente de la fédération norvégienne Lise Klaveness a durci le ton cette semaine après l’éviction du directeur des opérations de la FIFA Kevin Lamour, qualifiant ce départ d’« inacceptable » et décrivant la culture de la FIFA comme un « management par la peur ».
La CONCACAF et l’AFC durcissent leur opposition
La CONCACAF et ses 41 associations membres ont publié leur propre communiqué le 1er août, qualifiant le projet lié à la Coupe du monde de « récent acte unilatéral et flagrant de mauvaise gouvernance et de mauvais leadership » et appelant à « une remise en cause approfondie » de la présidence d’Infantino. Le Mexique a ensuite rompu les rangs pour soutenir le président de la FIFA.
La Confédération asiatique de football a cosigné une lettre commune distincte accusant Infantino de tromperie. La Jordanie est le membre de l’AFC qui a durci le ton le plus fortement en public.
Malgré cela, la colonne « contre » visible sur le suivi de Front Office Sports reste en deçà des 43 signatures individuelles requises. Les critiques au niveau des confédérations, venues de l’UEFA et de la CONCACAF, ne valent pas des pétitions déposées par des associations nommément identifiées, raison pour laquelle l’UEFA, qui a par ailleurs menacé la FIFA d’une action en justice, garde ouverte l’option d’une motion de censure sans l’avoir encore déposée.
Les 34 jours qui décideront de tout
D’ici au 23 septembre, l’arithmétique doit basculer dans un sens ou dans l’autre. L’UEFA n’a pas encore déposé la motion, et aucun autre bloc n’a confirmé les 43 noms. Si les signatures arrivent, la FIFA devra convoquer un congrès extraordinaire le 23 novembre ; si ce n’est pas le cas, le prochain rendez-vous prévu sera l’élection présidentielle ordinaire à Rabat, le 18 mars 2027, les candidatures devant être déclarées avant le 18 novembre.
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