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Pourquoi Xabi Alonso n’était pas destiné à rester longtemps au Real Madrid

La dernière séparation entre le Real Madrid et son entraîneur en dit moins sur la tactique que sur la hiérarchie. Xabi Alonso est arrivé avec des idées modernes, des références d’élite et une vision claire du jeu qu’il voulait mettre en place. Il est reparti après avoir compris, comme beaucoup avant lui, qu’au Bernabéu, l’influence ne vient pas toujours du banc de touche.

Le problème récurrent du Real n’est pas la qualité de ses entraîneurs, mais la manière dont le pouvoir est réparti au sein du club.

Un effectif conçu pour surpasser l’entraîneur

Lorsque Alonso a pris les rênes en mai, le vestiaire madrilène tournait autour de joueurs dont l’influence dépassait largement le cadre des décisions sportives. Kylian Mbappé, Vinicius Jr. et Jude Bellingham n’étaient pas seulement des titulaires : ils représentaient des piliers commerciaux et des investissements à long terme.

Ce n’est pas un hasard. Florentino Pérez consacre depuis deux décennies ses efforts à construire des effectifs où les stars mondiales définissent l’identité du club. Les journalistes sportifs espagnols soulignent depuis longtemps que les entraîneurs du Real Madrid sont censés s’adapter à cette réalité plutôt que de la transformer.

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Les instincts d’Alonso allaient à l’encontre de cela. Son autorité était collaborative, sa méthode d'entraînement méthodique. À Madrid, cette approche peut rapidement être mise à nu.

L’optimisme confronté à la réalité

La nomination d’Alonso avait suscité un réel enthousiasme. Il parlait de style, d’identité, de renouer avec les supporters après la dernière saison de Carlo Ancelotti, durant laquelle le Barça avait pris le dessus sur la scène nationale et le Real avait perdu du terrain face aux cadors européens.

« Je veux que les gens qui nous regardent disent : “Voilà une équipe que j’aime”, que les gens viennent au stade pour prendre du plaisir », avait-il déclaré lors de sa présentation.

Le message était clair. Sa mise en œuvre, en revanche, s’est révélée bien plus difficile.

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Le voyage du Real Madrid aux États-Unis pour la Coupe du monde des clubs est intervenu après une longue saison, et l’effectif paraissait épuisé. Mbappé a manqué des matchs en raison d’une maladie, Trent Alexander-Arnold a eu du mal à trouver son rythme, et une lourde défaite en demi-finale face au Paris Saint-Germain a suivi. Selon les médias espagnols, Alonso aurait ensuite reconnu que l’équipe appartenait encore à un cycle précédent.

Des idées tactiques, des limites structurelles

Sur le terrain, Alonso a tenté de moderniser rapidement. Il a opté pour un 4-3-3 basé sur le pressing, en plaçant Mbappé en pointe et en demandant à son milieu de terrain de contrôler l’espace de manière plus agressive.

Les chiffres étaient honorables Mbappé marquait régulièrement mais l’équilibre n’a jamais été trouvé. Sans Luka Modrić et sans successeur clair à Toni Kroos, les rotations du milieu madrilène s’effondraient souvent sous la pression. Les adversaires de haut niveau trouvaient trop facilement des espaces, et Alonso peinait à faire coïncider ses principes positionnels avec les habitudes existantes du groupe.

Il ne s’agissait pas d’entêtement, mais d’un décalage entre l’entraîneur et l’institution.

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Quand un geste dit tout

Le signe le plus révélateur de ce décalage est survenu vers la fin du mandat d’Alonso. Après la défaite en Supercoupe d’Espagne face au Barça, il a fait signe à ses joueurs de former une haie d’honneur. Mbappé a refusé et a repoussé ses coéquipiers d’un geste. Ils l’ont suivi. Alonso aussi.

Cela n’a duré que quelques secondes, mais cela a suffi. Le message était clair et public.

À la même période, les tensions dans le vestiaire sont devenues plus difficiles à ignorer. Vinicius a mal réagi à plusieurs remplacements, l’influence de Mbappé a grandi, et des loyautés conflictuelles ont émergé, comme l’ont largement rapporté les médias espagnols. Après une défaite à Liverpool, la forme du Real s’est effondrée, le Barça est passé devant en Liga, et la perte de la Supercoupe a semblé décisive.

Que la séparation ait été mutuelle ou non, la position d’Alonso était devenue indéfendable.

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Et maintenant ?

Alonso part avec sa réputation globalement intacte. Son travail au Bayer Leverkusen continue de le définir, et les grands clubs européens restent attentifs.

Le Real Madrid, lui, se retrouve face à des questions déjà connues. Le club continue de bâtir des effectifs si puissants qu’ils finissent par éclipser leurs entraîneurs. Tant que cet équilibre ne change pas si jamais il change un jour même les meilleurs techniciens auront du mal à durer.

Alonso n’a pas échoué parce que ses idées manquaient de mérite. Il a échoué parce qu’au Real Madrid, les idées ne sont qu’une partie de l’équation.

Sources : GOAL.com, rapports de la presse espagnole

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Oliver Obel

Oliver Obel – Créateur de Contenu Sportif & Spécialiste du Football Je suis un créateur de contenu sportif passionné, avec un fort accent sur le football. J’écris pour LenteDesportiva, où je produis du contenu de haute qualité qui informe, divertit et crée un lien avec les passionnés de football du monde entier. Mon travail s’articule autour des classements de joueurs, des analyses de transferts et des articles de fond qui explorent le football moderne. Je combine un sens éditorial affûté à une compréhension approfondie de l’évolution du jeu, avec pour objectif constant de proposer un contenu alliant pertinence et émotion.