L’arithmétique est au cœur de la crise. L’UEFA compte 55 associations membres, et son comité exécutif a publiquement déclaré avoir «perdu confiance» en Gianni Infantino après l’échec de la proposition sur les droits commerciaux FIFA Forward Enterprise. Pour destituer un président en exercice lors d’un Congrès extraordinaire, la majorité simple des 211 membres de la FIFA est requise. Soit 106 voix.
Les confédérations ne peuvent pas apporter ces voix. Chaque association vote pour son propre compte, et tout l’enjeu des sept prochains mois est de savoir si le camp anti-Infantino emmené par l’UEFA parviendra à en trouver 51 de plus.
Le test des 43 signatures arrive en premier
Avant même qu’une motion de défiance puisse être soumise au vote, 20 % des membres de la FIFA, soit 43 associations, doivent signer une demande formelle qui inscrit la motion à l’ordre du jour d’un Congrès extraordinaire. La date limite de dépôt de cette demande est fixée au 23 septembre 2026. Si elle aboutit, le Congrès lui-même est programmé pour le 23 novembre.
L’UEFA à elle seule compte plus de membres que les 43 requis. Mais les signatures sont individuelles : chacune de ses 55 associations décide seule si elle signe ou non, et l’alignement interne européen reste à confirmer. La fédération anglaise (FA) a officiellement retiré son soutien à la réélection d’Infantino, et le pays de Galles en a fait autant le 3 août.
L’UEFA seule ne peut pas apporter 106 voix
Si les signatures arrivent à temps, le Congrès de novembre devient le scrutin qui trancherait le sort d’Infantino en un seul après-midi. C’est là que la politique des confédérations durcit l’équation.
La CAF, la fédération africaine et ses 54 membres, a reconfirmé à l’unanimité son soutien à Infantino ce week-end. L’AFA argentine a apporté son appui à la gouvernance de la FIFA. La FMF mexicaine a rompu avec la ligne critique plus large de la CONCACAF et s’est elle aussi rangée derrière le président. Cela seul met déjà la voie de la destitution sous forte pression, bien avant qu’un scrutin ne soit convoqué.
La CONMEBOL a condamné la gestion par la FIFA du dossier des droits commerciaux, mais a laissé entendre qu’elle préférerait laisser l’élection ordinaire de mars 2027 trancher la présidence, plutôt qu’un vote en urgence. Cet instinct, attendre plutôt que déclencher, est le point le plus faible de l’arithmétique pour le camp anti-Infantino. Sans les dix membres de la CONMEBOL prêts à voter la destitution, 106 devient très difficile à envisager.
Rabat reste le juge de paix le plus probable
Si Infantino survit à novembre, ou si les signatures n’arrivent jamais, le calendrier renvoie la décision à l’élection présidentielle ordinaire. Les candidats doivent déposer leur candidature au plus tard le 18 novembre 2026 à 23h59 CET, avec le soutien d’au moins cinq associations membres. Le scrutin lui-même est fixé au 18 mars 2027, lors du 77e Congrès de la FIFA à Rabat, au Maroc.
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Infantino compte se présenter pour un quatrième mandat. L’UEFA n’a pas encore désigné de rival. Luis Figo a publiquement appelé Infantino à démissionner, et le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré qu’il n’avait plus confiance dans le président de la FIFA, mais aucune candidature européenne n’a été officiellement déposée.
La FIFPRO parle d’abus de pouvoir
Le syndicat mondial des joueurs FIFPRO a affirmé que la FIFA ne pouvait pas rétablir la confiance en Infantino, car elle avait «supprimé les conditions dont dépend la confiance». La FIFA a tenu sa réunion de crise au Maroc le 5 août et a présenté ses excuses aux associations membres, reconnaissant que la proposition commerciale «aurait dû être traitée différemment». L’UEFA a répondu que ces excuses ne satisfaisaient pas ses conditions et a confirmé que sa menace de boycott restait d’actualité.
D’ici au 23 septembre, chaque fédération européenne qui signe ou refuse de signer la motion pour un Congrès extraordinaire dépose de fait le premier bulletin de cette crise. Si les 43 signatures ne sont pas réunies d’ici ce mercredi-là, la voie de la destitution se referme et la bataille se déplace entièrement à Rabat.
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