Lula a remporté le second tour avec 51,79 % des voix contre 48,21 % pour Flávio Bolsonaro, selon le décompte officiel avec 100 % des bulletins dépouillés. Cela se traduit par 64,25 millions de voix pour le président sortant, un renversement par rapport au premier tour du 4 octobre, où Bolsonaro menait avec 47,03 % contre 45,16 %.
Al Jazeera a décrit ce retour comme la première fois depuis le retour du Brésil à la démocratie en 1985 qu’un candidat perd le premier tour et parvient tout de même à remporter le second. Lula, 80 ans, a déclaré à ses partisans dimanche soir qu’il n’avait qu’une seule chose à leur dire.
«Je devais simplement vous dire que je vous aime. Demain, le combat continue.»
Flávio Bolsonaro n’a pas reconnu sa défaite. Il a affirmé qu’il ne pouvait pas accepter le résultat et a laissé entendre que son camp le contesterait, en invoquant une prolongation de deux heures du vote accordée dans certains bureaux de vote.
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Flávio a fait campagne sur le maillot de son père
Ce second tour ne s’annonçait pas calme. Flávio Bolsonaro est le fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro, qui a commencé à purger une peine de 27 ans de prison à Brasília en novembre dernier après avoir été condamné en septembre 2025 pour avoir dirigé un complot visant à renverser l’élection de 2022. Bolsonaro père avait déjà été déclaré inéligible jusqu’en 2030 pour abus de pouvoir politique.
La campagne 2026 de son fils s’est largement appuyée sur le langage visuel de la famille, et avant tout sur le maillot jaune de la Seleção. Flávio l’a qualifié de «maillot de Bolsonaro» pendant que le Brésil disputait la Coupe du monde 2026, selon un long article d’Al Jazeera consacré à la manière dont le maillot national est devenu un objet de mode politique à travers l’Amérique latine.
Un Brésilien sur cinq refuse de porter le maillot
Cette affirmation témoigne elle-même du terrain que le football a perdu en tant que langage national partagé. Une étude de la Sports Administration League de l’université Ibmec a révélé qu’un Brésilien sur cinq refuserait de porter le maillot du Brésil pour des raisons politiques, citée par Yahoo Sports dans sa couverture de la controverse autour du maillot de cette année. Le maillot jaune glisse vers la politique partisane depuis 2015, lorsque les partisans de l’extrême droite montante ont commencé à le porter lors des manifestations. Lors de ses campagnes de 2018 et 2022, Jair Bolsonaro appelait les électeurs à se rendre aux urnes vêtus de ce maillot.
L’autre camp a riposté. Les électeurs de Lula se sont réapproprié le maillot en y ajoutant des éléments rouges ou en le portant tel quel, dans ce que l’article d’Al Jazeera a qualifié d’effort pour montrer que «le Brésil appartient aux Brésiliens, pas à la droite bolsonariste».
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Un maillot extérieur rouge qui n’est jamais arrivé
Le nouveau gouvernement de Lula hérite d’une culture footballistique qui, pendant une grande partie de 2026, a ressemblé à un prolongement de la campagne. Les rumeurs du début d’année selon lesquelles la Confédération brésilienne de football allait introduire un maillot extérieur rouge pour la Coupe du monde ont immédiatement déclenché des réactions politiques, le camp Bolsonaro présentant un changement de couleur comme une prise de contrôle de la gauche. La confédération a publiquement démenti ce projet et a conservé le jaune et le vert comme couleurs principales.
Flávio Bolsonaro a dit à ses partisans qu’il demanderait l’annulation judiciaire du scrutin devant les tribunaux, qui n’ont pour l’instant pas accepté le recours. Lula doit être investi pour un quatrième mandat en janvier 2027.



