Nick Kyrgios a ouvert ses excuses sur Instagram par une phrase que le tennis entend rarement de la part d’un joueur contrôlé positif.
«J’ai commis une énorme erreur et j’en assume l’entière responsabilité.»
L’Australien de 31 ans a partagé le message mercredi. L’International Tennis Integrity Agency avait confirmé plus tôt ce mois-ci qu’il avait été contrôlé positif à la benzoylecgonine, un métabolite de la cocaïne, à partir d’un échantillon prélevé lors d’un tournoi ATP à Majorque fin juin. Il est provisoirement suspendu depuis le 4 août et ne peut ni jouer ni assister aux tournois tant qu’un tribunal examine l’affaire.
«Je suis désolé envers mes fans, ma famille, mes sponsors et tous mes proches», a écrit Kyrgios.
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«Surtout, je suis désolé envers les enfants qui me suivent. Je sais quel exemple cela donne et je suis profondément déçu de moi-même.»
Il a indiqué qu’il s’éloignerait des réseaux sociaux et de la vie publique pendant 28 jours pour «me remettre d’aplomb».
Kyrgios n’a pas invoqué la défense de la contamination
La cocaïne est interdite en compétition, et le métabolite exact apparu dans l’échantillon de Kyrgios a déjà permis à un joueur de tennis de haut niveau d’être blanchi. En 2009, Richard Gasquet avait échappé à une suspension totale devant le Tribunal arbitral du sport après qu’il eut été établi qu’une infime quantité pouvait plausiblement lui avoir été transférée en embrassant une femme dans une boîte de nuit. La voie de l’«absence de faute ou de négligence» reste ouverte à tout joueur dans la même situation.
Le message Instagram de Kyrgios ne comporte aucune mention de contamination, aucune exposition accidentelle, aucune explication médicale. Seulement les mots «entière responsabilité».
Sinner et Swiatek ont présenté les leurs comme des accidents
C’est une rupture avec les deux plus grandes affaires de dopage du tennis des deux dernières années.
Jannik Sinner, alors numéro 1 mondial chez les hommes, avait accepté une suspension de trois mois avec l’Agence mondiale antidopage en février 2025 à la suite de deux contrôles positifs au clostébol. L’AMA avait admis que la substance était entrée dans son organisme après qu’un kinésithérapeute eut appliqué une crème en vente libre sur une coupure à son propre doigt avant de soigner Sinner.
Iga Swiatek a accepté une suspension d’un mois en novembre 2024 après un contrôle positif à la trimétazidine. L’ITIA a remonté la source jusqu’à un lot contaminé de mélatonine qu’elle prenait contre le décalage horaire et a placé sa faute «au plus bas» de l’échelle de la faute non significative.
Kyrgios a été le critique le plus virulent, précisément, de cette lecture des faits. Il a utilisé à plusieurs reprises sa propre tribune pour soutenir que l’antidopage dans le tennis traite ses joueurs les mieux classés différemment des autres.
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La voie Gasquet est toujours ouverte
Un tribunal indépendant décidera désormais de l’affaire. Une décision d’«absence de faute» sur la même substance n’est pas hors de portée, et le précédent Gasquet a plus de 15 ans mais n’a jamais été formellement renversé. Mais les conditions d’un tel argument ne sont pas réunies ici. Kyrgios n’a pas publiquement affirmé que la cocaïne lui était parvenue par accident. Jusqu’à présent, son message pointe dans une direction radicalement différente : il a choisi de mettre l’accent sur la responsabilité personnelle.
L’ITIA a confirmé qu’il reste interdit de tournoi, sur le court comme en dehors, jusqu’à ce que le tribunal rende sa décision.
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