Pendant des années, Gianni Infantino s’est présenté à la présidence de la FIFA sans adversaire. Cela a changé mercredi, lorsque Ramon Vega, l’ancien défenseur de Tottenham et de la Suisse, a annoncé qu’il serait candidat à l’élection de mars 2027 à Rabat.
Vega, 55 ans, est le premier adversaire déclaré. Son document de campagne de 11 pages appelle à une reconstruction de la crédibilité, à une gouvernance modernisée et à une tentative de réunir un sport dont les factions se sont durcies ces derniers mois.
«Le football est aux urgences, sous assistance respiratoire. La FIFA a besoin d’une nouvelle direction et d’une réforme fondamentale», a déclaré Vega.
La déclaration de Vega est intervenue alors que les 55 fédérations de l’UEFA se réunissaient à Berlin pour un sommet jeudi consacré à la stratégie face à Infantino. Selon un décompte de l’Associated Press, 49 fédérations, majoritairement européennes, s’étaient prononcées contre Infantino cette semaine, tandis que 87 des 211 membres de la FIFA avaient manifesté leur soutien, soit individuellement, soit par l’intermédiaire de leurs confédérations régionales.
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Cinq des poids lourds de l’UEFA, à savoir l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, figurent parmi ceux qui ont publiquement retiré leur soutien au président sortant depuis l’été.
«À un moment donné, les choses sont allées trop loin avec la FIFA, et nous cherchons à remettre les choses à leur place», a déclaré Theodore Theodoridis, secrétaire général de l’UEFA.
Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, a indiqué aux journalistes qu’il existait «beaucoup, beaucoup» de candidats potentiels, tout en écartant l’idée de se présenter lui-même. Nasser Al-Khelaifi s’est déjà retiré de la course, et le président de la CONCACAF, Victor Montagliani, se concentre sur sa propre réélection en février 2027.
Les candidats ont jusqu’au 18 novembre pour s’enregistrer. Chacun doit obtenir le parrainage de cinq associations membres de la FIFA, justifier d’un rôle actif dans le football au cours de deux des cinq années précédentes et passer un contrôle d’intégrité.
La Norvège dépose trois plaintes
Un autre front s’est ouvert mardi lorsque la Fédération norvégienne de football a déposé trois plaintes formelles auprès de la Commission d’éthique de la FIFA et de sa Commission de gouvernance, d’audit et de conformité.
Lise Klaveness, présidente de la NFF, a indiqué que les plaintes posaient la question de savoir si la conduite d’Infantino relevait «potentiellement d’un conflit d’intérêts et d’un abus de position».
Les trois affaires citées par la Norvège sont le plan d’investissement avorté FIFA Forward Enterprise, la levée d’une suspension de Folarin Balogun à la suite de l’intervention de Donald Trump, et la remise d’un «prix de la paix» au président américain lors d’une cérémonie en décembre.
FIFA Forward Enterprise était une structure destinée à isoler les droits commerciaux et de billetterie de la FIFA et à céder une participation de 20 % à des investisseurs privés, une opération qui, selon les analystes, aurait pu lever jusqu’à 10 milliards de dollars. Le fonds américain Thrive Eternal, lié à Joshua Kushner, avait été cité comme investisseur potentiel avant l’effondrement du projet. L’UEFA a déposé des plaintes pénales distinctes en Suisse et engagé une action en justice devant un tribunal de Floride au sujet de ce plan. Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino, a démissionné pendant le conflit.
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La concession d’Infantino en septembre
Avant le dépôt de la plainte norvégienne et la déclaration de Vega, Infantino a écrit à l’ensemble des 211 associations membres le 22 septembre pour proposer un examen externe du cadre de gouvernance de la FIFA.
«Je reconnais que, sans le contexte complet, cela a suscité des inquiétudes et donné l’impression que des décisions avaient déjà été prises», a-t-il écrit.
Il a ajouté qu’il restait «pleinement engagé à diriger la FIFA». Les propositions seront soumises au Conseil de la FIFA à Zurich le 15 octobre.
Le président de l’AFC, Cheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa, qui avait auparavant réclamé la démission d’Infantino, a assoupli sa position le 6 octobre, en écrivant à Infantino pour proposer un groupe de travail interne chargé d’examiner les mécanismes de gouvernance existants de la FIFA plutôt que d’exiger une action externe.
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Les confédérations ne contrôlent pas la manière dont votent leurs associations membres. Chacun des 211 membres de la FIFA dépose son propre bulletin en mars, ce qui signifie que le sommet de Berlin comme le train de mesures sur la gouvernance devront être défendus fédération par fédération.
Vega doit obtenir cinq de ces parrainages d’ici au 18 novembre pour figurer sur le bulletin. Infantino compte 87 membres de son côté cette semaine, selon le décompte de l’AP, ce qui reste en deçà de la majorité simple de 106 voix nécessaire pour l’emporter à Rabat.



