Le football italien est sous le choc après la défaite inattendue de l’équipe nationale aux tirs au but face à la Bosnie-Herzégovine mardi, marquant leur troisième échec consécutif à se qualifier pour la Coupe du Monde de la FIFA. Ce résultat signifie que les quadruples vainqueurs de la Coupe du Monde, dont le dernier sacre remonte à 2006, manqueront le grand rendez-vous mondial en 2026, prolongeant une série dévastatrice qui a débuté avec le tournoi de 2018.
Le match décisif de barrage, disputé à Zenica, en Bosnie, a vu l’Italie prendre initialement l’avantage à la 15e minute grâce à l’attaquant de la Fiorentina, Moise Kean. Cependant, le match a basculé lorsque le défenseur de l’Inter, Alessandro Bastoni, a été expulsé pour avoir fait tomber un attaquant bosnien. La Bosnie-Herzégovine, 65e mondiale, a capitalisé sur son avantage numérique, égalisant à la 79e minute par l’intermédiaire de Haris Tabaković. Le match s’est finalement décidé aux tirs au but, où l’Italie a manqué deux fois sa tentative, scellant son destin et envoyant la Bosnie à sa deuxième Coupe du Monde seulement en tant que nation indépendante.
Un cauchemar récurrent
L’ampleur de l’absence de l’Italie à la Coupe du Monde est soulignée par la riche histoire footballistique de la nation. Ayant soulevé le trophée à quatre reprises, les échecs répétés des Azzurri à atteindre le tournoi – en 2018, 2022 et maintenant 2026 – ont plongé le sport dans une crise profonde. Le quotidien sportif italien Gazzetta dello Sport a capturé l’humeur nationale avec un titre le déclarant « la troisième apocalypse ».
Cette défaite est particulièrement douloureuse compte tenu du récent succès de l’Italie à l’Euro 2020, où ils ont battu l’Angleterre aux tirs au but au stade de Wembley. Cependant, leur bilan en Coupe du Monde depuis leur triomphe de 2006 est sombre, avec des éliminations en phase de groupes en 2010 et 2014 précédant l’actuelle disette de qualification. Le défenseur italien Leonardo Spinazzola a exprimé la dévastation de l’équipe après la défaite : « Nous n’y croyons toujours pas, que nous soyons éliminés et que cela se soit passé de cette manière. C’est bouleversant pour tout le monde. Pour nous, pour nos familles, et pour tous les enfants qui n’ont jamais vu l’Italie à une Coupe du Monde. »
Appels à un changement systémique
Les échecs répétés ont suscité des appels urgents à une réforme systémique au sein du football italien. Gabriele Gravina, président de la Fédération Italienne de Football (FIGC), a démissionné de son poste, et un nouveau président devrait être élu le 22 juin. Ce changement de direction intervient au milieu d’une pression croissante sur le ministre italien des Sports, Andrea Abodi, qui fait face à des demandes de réponses de la part des politiciens.
Les problèmes semblent profonds. Le journaliste sportif italien Tancredi Palmeri, s’adressant à Amanda Davies de
CNN Sports, a souligné la nécessité d’un changement fondamental : « Un changement au sommet doit avoir lieu ou l’Italie sera condamnée à revivre cela encore et encore. Évidemment, Gattuso n’est pas le problème, mais il n’est même pas la solution. C’était un entraîneur temporaire arrivé en juin dernier. Sa tâche était de restaurer un sentiment d’appartenance à l’équipe italienne, à l’équipe nationale, aux joueurs. Il y est parvenu, mais le football ne se résume pas à cela. »
Les préoccupations concernant la structure du football italien ne sont pas nouvelles. En 2013, le joueur légendaire Roberto Baggio a démissionné de son poste de directeur technique de la FIGC, citant un manque de soutien pour son programme de réforme de 900 pages. Baggio a déclaré que 10 millions d’euros avaient été alloués à ses initiatives, mais qu’il n’avait reçu aucun fonds, ce qui a conduit à son départ. Comme l’a noté l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, « Le football n’est pas seulement un divertissement dans notre pays ; il fait partie de notre culture et de notre identité nationale », soulignant l’impact profond des difficultés de l’équipe nationale sur le pays.
Sources : edition.cnn.com,
cnn.com,
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