Gianni Infantino a laissé entendre qu’il était prêt à ouvrir les 6 milliards de dollars de réserves de trésorerie de la FIFA aux associations membres, assouplissant une position qu’il avait défendue tout l’été avec un plan concurrent d’investissement privé à 20 milliards de dollars.
Dans une lettre datée de lundi adressée aux présidents des confédérations et aux membres du Conseil de la FIFA, Infantino a écrit qu’il « soutiendrait le plus haut niveau de financement supplémentaire pouvant être responsablement mis en œuvre par le processus de gouvernance approprié de la FIFA, appliqué équitablement et soutenu par des dispositifs transparents et auditables », a rapporté Goal, citant le texte de la lettre initialement obtenu par Matt Hughes pour The Guardian.
Il ne s’est engagé sur aucun chiffre.
« Un chiffre unique peut ouvrir la discussion, mais il ne peut pas achever une politique globale », a écrit Infantino.
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« J’ai donc chargé le Secrétaire général de regrouper toutes les propositions en une évaluation intégrée qui sera soumise au Conseil de la FIFA le 15 octobre 2026. »
La demande à 2,1 milliards de dollars de Ceferin et Montagliani
L’élément déclencheur a été une lettre commune du président de l’UEFA Aleksander Ceferin et du président de la CONCACAF Victor Montagliani, qui ont demandé à la FIFA de verser au moins 10 millions de dollars à chacune de ses 211 associations membres au cours du cycle commercial 2027-2030, en plus des financements de développement existants. Le président de la Confédération asiatique de football, cheikh Salman bin Ibrahim Al Khalifa, a formulé une requête similaire. Répondre pleinement à cette demande coûterait environ 2,1 milliards de dollars.
La première réaction d’Infantino face à cette pression est intervenue le 22 septembre, lorsqu’il a annoncé aux 211 associations qu’il demanderait au Conseil de « commander un audit externe indépendant du cadre de gouvernance actuel de la FIFA ». Six jours plus tard, il s’adressait au même auditoire au sujet des réserves elles-mêmes.
Forward Enterprise s’est effondré en 72 heures
Les réserves reviennent sur la table parce qu’un précédent plan s’est effondré dès son lancement. FIFA Forward Enterprise, dévoilé le 28 juillet et retiré en 72 heures, était la réponse d’Infantino à la même question du financement : une filiale valorisée à 20 milliards de dollars, avec Thrive Capital, la société de Joshua Kushner, comme investisseur de référence, avec pour objectif de lever 4,2 milliards de dollars pour une participation de 20 %. Chaque fédération s’était vu proposer 20 millions de dollars dans le cadre du dispositif, soit le double de l’enveloppe existante de 10 millions, avec des montants croissants prévus pour les cycles suivants.
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Le plan est tombé face à l’opposition de l’UEFA, de la CONCACAF et de l’AFC, les confédérations européennes se disant, selon la presse, prêtes à boycotter les compétitions de la FIFA. En annonçant le retrait, Infantino a déclaré que le projet avait « créé des divisions d’une nature qui, quel que soit le niveau de soutien, ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif fixé au départ ».
Les réserves héritent désormais de cet argument.
« La récente proposition commerciale, aujourd’hui retirée, était destinée à permettre à la FIFA d’investir davantage dans le football, non à remplacer un soutien qui peut être responsablement apporté à partir des ressources existantes », a écrit Infantino dans sa lettre de lundi.
L’ultimatum de 100 jours de la Premier League
La pression européenne s’est durcie vendredi lorsque la Premier League a rejoint la Bundesliga, la Liga et la Serie A en fixant un ultimatum de 100 jours pour une réforme de la gouvernance après l’élection présidentielle de la FIFA de mars 2027. Les quatre championnats, membres fondateurs des European Leagues et de la World Leagues Association, ont appelé le vainqueur à convoquer une « Convention de gouvernance présidée par une personnalité indépendante » dans ses 100 premiers jours et à accorder aux championnats, aux clubs et aux joueurs un rôle véritable dans les décisions de la FIFA.
« Le problème de gouvernance de la FIFA dépasse largement le rôle d’un seul individu », ont indiqué les quatre championnats dans leur communiqué commun.
Les confédérations ne contrôlent pas la manière dont leurs 211 membres votent au Congrès, où chaque association dépose son propre bulletin, mais la pression coordonnée de l’UEFA, de la CONCACAF, de l’AFC et des grands championnats européens a débloqué l’ordre du jour de Zurich, ce que la voie de l’investissement privé de l’été n’avait pas réussi à faire.
Les membres du Conseil de la FIFA se réunissent à Zurich le 15 octobre, le Secrétaire général Mattias Grafström devant y présenter l’évaluation consolidée de l’ensemble des propositions des confédérations. Infantino affronte une élection présidentielle en mars 2027.
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