Gianni Infantino a lancé une attaque virulente contre les détracteurs de la FIFA et a accusé les journalistes et les commentateurs sur Internet de répandre la haine et la désinformation à la suite de la Coupe du monde 2026.
Une semaine après la victoire de l’Espagne face à l’Argentine lors de la finale disputée dans le New Jersey, le président de la FIFA a publié une déclaration détaillée. Plutôt que de se concentrer exclusivement sur les chiffres records d’affluence et sur les matchs les plus passionnants du tournoi, Infantino a profité de ce message pour répondre à tous ceux qui avaient remis en cause les décisions de la FIFA.
Selon la déclaration d’Infantino publiée sur le site officiel de la FIFA, il estimait que les détracteurs avaient ignoré le travail accompli par la FIFA, se concentrant plutôt sur les polémiques.
« À ceux qui, assis derrière leurs stylos et leurs feuilles de papier, derrière leurs écrans, répandent la haine et de fausses rumeurs », a écrit Infantino.
« Tandis que vous êtes divisés, nous restons unis. »
Cette nouvelle a immédiatement ravivé les débats qui avaient agité la FIFA tout au long du tournoi.
Infantino répond à ses détracteurs
Infantino a décrit la FIFA comme une force au service de la paix et de l’unité, et a souligné que la Coupe du monde avait rassemblé les pays et les supporters malgré les tensions politiques, les conflits et la discrimination.
Il a pris comme exemple la participation de l’Iran aux États-Unis pour montrer que le football peut surmonter les hostilités internationales.
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« L’équipe nationale iranienne a obtenu ses visas d’entrée car le football est un vecteur de paix », a-t-il écrit.
Cependant, la situation concernant les visas était plus compliquée que ne le laissaient entendre les déclarations d’Infantino.
Les joueurs et le staff technique de l’équipe nationale iranienne ont été autorisés à entrer aux États-Unis, mais, selon certaines informations, plusieurs membres de la délégation administrative du pays se seraient vu refuser leur visa.
Selon un reportage de Channel News Asia consacré à ce différend, la télévision d’État iranienne a déclaré que 15 membres de la délégation n’avaient pas obtenu d’autorisation d’entrée.
La Fédération iranienne de football a accusé les États-Unis d’ingérence politique et a demandé à la FIFA d’intervenir.
Infantino a reconnu que certaines demandes de visa avaient été rejetées, mais a fait valoir que les détracteurs se concentraient sur les « quelques personnes à qui le visa avait été refusé », plutôt que sur les millions de personnes à qui il avait été accordé.
Un arbitre de la Coupe du monde est interpellé à la frontière
La polémique autour des visas ne s’est pas limitée à l’Iran.
L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan avait été désigné pour le tournoi, mais à son arrivée à l’aéroport international de Miami, l’entrée sur le territoire lui a été refusée.
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De ce fait, Artan n’a pas pu participer au Championnat du monde.
Selon les journalistes de CBS News Camilo Montoya-Gálvez et Joe Walsh, les autorités américaines avaient initialement déclaré que l’entrée de l’arbitre avait été refusée pour des raisons de sécurité non précisées.
Un représentant du gouvernement a déclaré par la suite qu’Artan avait entretenu des liens avec des membres présumés d’organisations terroristes.
Aucune preuve détaillée n’a été rendue publique pour étayer cette affirmation, et Artan n’a pas été accusé d’avoir commis un quelconque acte terroriste.
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La FIFA a déclaré qu’elle ne pouvait pas annuler les décisions des autorités américaines chargées de l’immigration, mais cette affaire a soulevé des questions quant à la manière de garantir que les responsables du tournoi puissent entrer dans le pays hôte.
La décision concernant Balogun a suscité l’indignation lors de la Coupe du monde
La plus grande polémique sportive a eu pour protagoniste l’attaquant américain Folarin Balogun.
Balogun a été expulsé pour une faute grave lors de la victoire des États-Unis en seizièmes de finale contre la Bosnie-Herzégovine. Normalement, ce carton rouge l’aurait privé du match suivant contre la Belgique.
La Commission de discipline de la FIFA lui a toutefois infligé une sanction d’un match et en a suspendu l’exécution pendant une période probatoire d’un an.
Grâce à cette décision, Balogun a pu jouer contre la Belgique.
Comme l’explique la déclaration officielle de la FIFA concernant la décision disciplinaire, la commission s’est fondée sur l’article 27 du Règlement disciplinaire de la FIFA, qui prévoit la suspension de certaines sanctions.
Le carton rouge n’a pas été retiré et la sanction n’a pas été entièrement annulée. La suspension pourrait entrer en vigueur si Balogun commettait une infraction similaire au cours de la période probatoire d’un an.
La Fédération américaine de football a également été condamnée à une amende de 40 000 dollars.
L’appel téléphonique de Trump a fait grand bruit
L’affaire a suscité encore plus de polémique lorsque le président des États-Unis, Donald Trump, a confirmé qu’il s’était entretenu directement avec Infantino avant que la FIFA ne rende publique sa décision.
« J’ai demandé une révision parce que je ne pensais pas que c’était une faute », a déclaré Trump.
Comme l’a rapporté CBS News dans son reportage sur la polémique autour de Balogun, Trump a affirmé que Balogun et le défenseur bosniaque s’étaient simplement percutés et s’étaient emmêlés dans la foulée.
Infantino a confirmé cette conversation, mais a souligné que cette affaire serait tranchée par les instances juridiques indépendantes de la FIFA.
Il n’existe aucune preuve accessible au public indiquant que Trump ait ordonné à la FIFA de suspendre cette sanction.
Cependant, l’intervention du président américain a donné l’impression qu’une pression politique avait été exercée, d’autant plus que la décision a été rendue publique peu après cet appel téléphonique.
L’UEFA critique vivement la décision de la FIFA
L’UEFA a riposté par l’une de ses attaques publiques les plus virulentes contre la FIFA de ces dernières années.
Selon la déclaration officielle de l’UEFA concernant cette affaire, l’organisation estimait que la FIFA avait franchi une ligne rouge en empêchant l’application d’une suspension automatique suite à un carton rouge reçu pendant le tournoi.
« Nous sommes consternés par une décision aussi inouïe, incompréhensible et injustifiée », a déclaré l’UEFA.
La Fédération européenne de football a fait valoir que d’autres joueurs avaient également dû purger des sanctions automatiques et a averti qu’une dérogation accordée à Balogun saperait la confiance dans les règles de la compétition.
La Fédération belge de football a également tenté de faire appel de cette décision, mais elle a été informée qu’elle ne disposait pas de la qualité pour agir nécessaire pour introduire un recours.
Infantino refuse de nommer ses ennemis
Infantino n’a pas directement mentionné Balogun, Trump, l’UEFA ni le président de la Liga, Javier Tebas, dans ses déclarations à l’issue du tournoi.
En revanche, il a défendu le système disciplinaire de la FIFA en termes plus généraux.
Il a fait valoir que la suspension ou le report des sanctions est une pratique courante dans les principales ligues nationales et a reproché aux détracteurs d’ignorer des cas similaires dans leurs propres compétitions.
Cette justification expliquait pourquoi la FIFA était légalement habilitée à reporter la suspension de Balogun.
On n’a pas expliqué en détail pourquoi l’organisation a décidé d’appliquer cette règle dans ce cas précis, ni pourquoi une suspension automatique pour la Coupe du monde a été traitée différemment des sanctions similaires infligées à d’autres joueurs.
Par ailleurs, la FIFA n’a publié aucune description détaillée des circonstances particulières qui ont conduit la Commission de discipline à faire une exception.
Infantino brigue toujours un nouveau mandat
Cette polémique a exacerbé les tensions entre la FIFA et plusieurs personnalités éminentes du football européen.
Tebas a ouvertement demandé à Infantino de démissionner, tandis que la déclaration de l’UEFA fait apparaître de profondes divergences quant à l’organisation de la Coupe du monde.
Malgré les critiques, Infantino continue d’occuper un poste influent.
Comme l’a rapporté « The Guardian » dans son analyse sur ses chances de réélection, plus de 200 des 211 fédérations nationales de la FIFA avaient présenté des déclarations de soutien à sa candidature.
Infantino devrait se présenter à sa réélection pour un nouveau mandat de quatre ans lors du Congrès de la FIFA qui se tiendra le 18 mars 2027 à Rabat.
Aucun adversaire n’a encore été désigné, ce qui signifie que sa réélection reste très probable.
La célébration de la Coupe du monde a fini par se transformer en une violente agression
Le message d’Infantino a été présenté comme un hommage à un tournoi qui a enregistré des chiffres records en termes de fréquentation et suscité un immense intérêt commercial.
En revanche, ce ton polémique a fait que les polémiques autour de la Coupe du monde ont continué à monopoliser l’attention.
Le président de la FIFA a qualifié les critiques concernant les problèmes de visas et les décisions disciplinaires de campagne fondée sur la haine et de fausses rumeurs.
Ses détracteurs feront valoir que les questions relatives à la cohérence, à la transparence et à l’influence politique ne peuvent être écartées aussi facilement.
Le coup de sifflet final a peut-être déjà retenti dans le New Jersey, mais la réaction virulente d’Infantino fait que la polémique autour de l’organisation du tournoi par la FIFA est encore loin d’être terminée.



