Le paradoxe le plus embarrassant de la Formule 1 porte désormais une signature et une date. Le deuxième examen ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities) de l’instance dirigeante mondiale, annoncé par la FIA le mercredi 26 août, fait de Red Bull-Ford Powertrains le seul motoriste privé du droit d’introduire des évolutions d’homologation sur le reste de la saison 2026 et en 2027.
Le chiffre qui compte, c’est zéro. Dans le cadre du mécanisme de rattrapage ADUO inscrit dans le règlement des unités de puissance 2026, Mercedes, Ferrari, Audi et Honda se sont toutes vu attribuer des jetons de développement ; Red Bull n’en a reçu aucun.
Référence sur le papier, quatrième le dimanche
La décision de la FIA couvre les deux premières périodes d’examen ADUO. Mercedes a été placée entre deux et quatre pour cent en retrait de la référence, obtenant une évolution pour 2026 et une pour 2027, plus une allocation de 3 millions de dollars au titre du plafond budgétaire et 70 heures supplémentaires d’essais au banc. Ferrari, Audi et Honda ont été placées à plus de quatre pour cent de retard et se sont vu accorder le maximum : deux évolutions lors de chacune des deux prochaines saisons.
Red Bull trône en tête de ce tableau. L’écurie occupe aussi la quatrième place du championnat des constructeurs avec 186 points, derrière Mercedes (425), Ferrari (338) et McLaren (263) après le Grand Prix des Pays-Bas.
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C’est ce décalage qui fait désormais l’actualité. La FIA a figé la classification de Red Bull comme moteur thermique le plus performant du plateau, alors que trois des quatre équipes qui la devancent, ou qui sont fournies par des motoristes la devançant, sont libres de creuser encore l’écart par leur développement.
Mekies : «un risque important»
Le team principal de Red Bull, Laurent Mekies, avait pointé cette vulnérabilité après le premier verdict ADUO, déclarant à la presse : «il y a un risque important pour Red Bull, vous avez donc entièrement raison de mettre en avant ce risque». Il avait averti qu’être figé sur la référence pendant que ses rivaux travaillaient sur les composants non thermiques de leurs unités de puissance pourrait ouvrir un écart de performance que Red Bull n’aurait aucun moyen légal de combler.
La FIA, de son côté, a signifié aux équipes qu’elle ne reviendrait pas sur ses propres chiffres.
«En raison du caractère confidentiel de ces informations, aucun détail supplémentaire sur les mesures de l’indice de performance des unités de puissance ne sera communiqué», a indiqué l’instance dirigeante dans le communiqué de son deuxième examen, selon The Race.
Le directeur des monoplaces, Nikolas Tombazis, a seulement concédé : «Naturellement, il existe des domaines que nous pourrons faire évoluer avec le temps».
Verstappen : «la quatrième équipe la plus rapide»
Si le tableau réglementaire est clinique, le diagnostic que Max Verstappen livre en piste, lui, est sans détour. Le Néerlandais a été contraint à l’abandon dès le début de son Grand Prix des Pays-Bas à domicile, à Zandvoort, en accrochant une portion encore humide dans le dernier virage relevé alors qu’il tentait d’accélérer sur la trajectoire sèche, et il a profité du week-end pour livrer son verdict sur la saison de Red Bull sans détour.
«Nous sommes la quatrième équipe la plus rapide, donc ce n’est pas comme si nous arrivions à Zandvoort et que, soudain, nous puissions faire des choses magiques», a-t-il déclaré à l’approche du week-end de course, selon Motorsport Week.
«Oui, en espérant qu’à Monza, nous puissions être un peu plus compétitifs.»
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C’est la réalité que les documents ADUO viennent désormais officialiser. Le châssis et le package aérodynamique de Red Bull ont décroché derrière ceux de Mercedes, Ferrari et McLaren les dimanches de course, et son unité de puissance, le seul élément autour duquel l’écurie pourrait en théorie reconstruire son avantage, est précisément celle à laquelle le règlement lui interdit de toucher.
La prochaine manche, le Grand Prix d’Italie à Monza, est programmée le week-end du 4 au 6 septembre.
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