Le nouveau régulateur du football anglais peut contraindre le propriétaire de Manchester City à vendre le club si le verdict de culpabilité prononcé par la Premier League est maintenu, a déclaré son président, portant le débat sur les sanctions au-delà des retraits de points et de la relégation, jusqu’à l’issue la plus sévère jamais sérieusement envisagée dans ce sport.
David Kogan, qui préside le Régulateur indépendant du football (IFR), a déclaré au podcast «Rest is Football» que les compétences de l’instance vont jusqu’à écarter les propriétaires qui ne satisfont pas à ses critères de probité.
«Nous avons le pouvoir de demander à un propriétaire de se retirer d’un club si nous estimons qu’il le dirige d’une manière qui n’est ni appropriée, ni équitable, ni menée avec probité.»
Interrogé sur la possibilité qu’un propriétaire refuse tout simplement de céder le club, Kogan n’a pas mâché ses mots.
«Non, non, non. Nous disposons d’un pouvoir absolu pour le faire.»
Un régulateur enfin doté de vrais pouvoirs
L’IFR est entré en vigueur le 12 décembre 2025 en vertu du Football Governance Act 2025 et délivre des licences aux clubs des cinq premiers échelons du football anglais. Son arsenal de sanctions va des amendes et du blâme public jusqu’à, dans les cas extrêmes, contraindre un propriétaire à vendre.
Kogan a été confirmé à la présidence en octobre 2025 pour un mandat de cinq ans, après la sanction royale accordée au texte en juillet. Ses propos marquent la première fois que la direction du régulateur rattache publiquement ces pouvoirs d’éviction à un dossier précis.
Pourquoi Manchester City est dans le viseur
Une commission indépendante a déclaré Manchester City coupable le 29 septembre de 114 des 115 charges de Premier League initialement formulées en 2023. La commission a conclu que des accords de sponsoring fictifs avaient faussé les comptes du club de plus de 900 millions de livres sur neuf saisons, de 2009-2010 à 2017-2018, dont plus de 830 millions de livres de financements occultes versés par le propriétaire d’Abou Dabi et déguisés en revenus commerciaux.
Richard Masters, le directeur général de la Premier League, a affirmé que la décision montrait que City avait «enfreint systématiquement les règles de la Premier League pendant près d’une décennie».
Cheikh Mansour ben Zayed Al Nahyane, vice-président et vice-Premier ministre des Émirats arabes unis, possède Manchester City depuis 2008 via l’Abu Dhabi United Group. Son investissement a transformé une équipe de milieu de tableau en octuple champion de Premier League et vainqueur de la Ligue des champions. Aucun grand club européen n’a jamais fait l’objet d’une vente forcée imposée par une autorité du football.
L’appel d’abord, les sanctions ensuite
Le club a déposé son recours le 1er octobre, invoquant ce qu’il a qualifié d’«erreurs fondamentales» dans les conclusions de la commission, et continue de nier toute faute. L’appel sera examiné par une commission d’appel privée, les sanctions étant renvoyées à une audience distincte pour laquelle aucune date n’a été fixée.
Kogan a estimé qu’il était prématuré d’évoquer la moindre mesure que l’IFR pourrait prendre.
«Je ne me laisserai pas pousser à porter le moindre jugement sur ce dossier tant que nous n’aurons pas vu toutes ces questions trouver réponse.»
Toute initiative de l’IFR n’interviendrait de toute façon qu’après la clôture de la procédure de la Premier League. Pour l’heure, l’échéance immédiate de Manchester City est l’audience d’appel, dont le club a indiqué attendre le dénouement avant la fin de la saison en cours.



