Tebas ne réclame pas simplement un nouveau président. Il veut une nouvelle FIFA.
Dans un entretien accordé au Monde et publié dimanche, le président de La Liga a estimé que la crise qui secoue l’instance dirigeante du football mondial ne pourra pas être résolue en se contentant de remplacer Gianni Infantino par une autre personnalité.
« J’espère qu’il ne s’agira pas simplement de remplacer certaines personnes par d’autres, mais de mener une véritable réforme », a déclaré Tebas au quotidien français.
« L’ère Infantino est terminée »
Son jugement sur l’actuel président de la FIFA est sans appel.
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« Pour moi, l’ère Infantino est terminée », a affirmé Tebas, ajoutant qu’Infantino « n’est pas quelqu’un qui contribue au développement du football ».
« Ses projets détruisent l’essence même de ce sport, à savoir les championnats nationaux. »
Tebas a tenu à préciser que sa position était antérieure aux révélations publiées par The Telegraph le 8 août. Selon le quotidien britannique, l’UEFA aurait versé plus de 150 000 livres sterling à un ancien employé après une relation présumée avec Infantino, à l’époque où celui-ci occupait le poste de secrétaire général de la confédération européenne. Infantino nie ces accusations.
« Ce qui me surprend, c’est la réaction de nombreuses personnes qui sont restées silencieuses pendant des années », a-t-il déclaré.
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La défense des championnats nationaux
Le principal reproche formulé par Tebas n’est pas nouveau. Depuis plusieurs semaines, il met en garde contre la volonté de la FIFA de continuer à élargir la Coupe du monde, et notamment contre le projet d’un tournoi à 64 équipes en 2030. Selon lui, cette stratégie étouffe les compétitions nationales, qui constituent pourtant le moteur économique du football tout au long de l’année.
« Ils sont en train de détruire l’industrie du football, qui génère des dizaines de milliers d’emplois, pour un événement qui dure 40 jours et ne concerne qu’une minorité de joueurs », avait-il déclaré en juillet.
La FIFA dénonce un « effort concerté »
La veille, la FIFA avait déjà présenté les critiques dont elle fait l’objet comme le résultat d’une campagne organisée. Dans un communiqué publié samedi, l’instance a estimé qu’il était « de plus en plus évident qu’il existe un effort concerté et continu de la part de certains pour saper la FIFA et son président ».
Elle a également averti que ceux qui ne disposent pas du soutien des associations membres « ne devraient pas chercher à obtenir, par des accusations, des insinuations ou de la désinformation, ce qu’ils ne parviennent pas à obtenir par les processus démocratiques établis de la FIFA ».
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La Norvège, le pays de Galles et l’Angleterre se retournent contre Infantino
La prise de position de Tebas intervient au terme d’une semaine marquée par un durcissement de l’opposition à Infantino en Europe.
La présidente de la Fédération norvégienne de football, Lise Klaveness, a demandé sa démission et confirmé le dépôt d’une nouvelle plainte devant les instances éthiques.
La Fédération galloise de football est devenue la première fédération européenne à retirer son soutien à la réélection d’Infantino, tandis que la Fédération anglaise finalise actuellement une lettre allant dans le même sens. La Suède et la Serbie ont également retiré leur soutien précédent.
En dehors de l’Europe, la situation est différente. La CAF, la Confédération africaine de football, a réaffirmé son soutien à Infantino après la réunion d’urgence organisée la semaine dernière à Rabat.
Les confédérations ne décident toutefois pas directement de l’issue des élections à la présidence de la FIFA. Chacune des 211 associations membres qui composent le Congrès de la FIFA dispose de son propre vote.
Le scrutin se tiendra désormais dans moins de huit mois. Le 77e Congrès de la FIFA aura lieu à Rabat le 18 mars 2027. Le président de la Concacaf, Victor Montagliani, est présenté comme le candidat le plus susceptible de défier Infantino, alors qu’un troisième mandat sans opposition semblait encore quasiment assuré à ce dernier il y a peu.
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