On a demandé à Gianni Infantino de rester à l’écart. Il s’y est rendu malgré tout.
Le président de la FIFA était à Punta Cana ce week-end pour un tournoi des moins de 14 ans de la Caribbean Football Union, quelques jours après que Victor Montagliani, président de la CONCACAF et l’un des propres vice-présidents de la FIFA d’Infantino, lui a écrit pour lui demander de revoir sa décision. Samedi, Infantino a publié sur Instagram des photos le montrant en réunion avec des responsables politiques et footballistiques dominicains en marge du tournoi de jeunes.
Montagliani avait été direct dans sa lettre.
«Je pense qu’au vu de la crise de gouvernance qui entoure la FIFA à la suite de votre proposition controversée FIFA Forward Enterprise, les médias vont se focaliser sur cette situation», a-t-il écrit.
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Il a demandé à Infantino, «au nom du football, de reconsidérer votre présence, car elle nuira malheureusement au caractère technique de cette importante activité de développement des jeunes».
Les photos que Montagliani ne voulait pas
Infantino n’a répondu à aucune question publique depuis que le quotidien britannique The Times a révélé son plan FIFA Forward Enterprise le 28 juillet, un projet visant à céder à des investisseurs privés des parts sur les futures recettes commerciales de la Coupe du monde. Il a retiré la proposition le 1er août après une levée de boucliers qui a retourné contre lui trois de ses propres vice-présidents de la FIFA.
Depuis, sa plateforme la plus visible reste son compte Instagram. Punta Cana y a ajouté une nouvelle série d’images : le président de la FIFA tout sourire aux côtés de responsables politiques locaux et de dirigeants du football caribéen à un tournoi pour joueurs de 14 ans. Le cadre est modeste. Le signal, lui, ne l’est pas.
La Caribbean Football Union relève de la CONCACAF, la confédération dont le président venait de tenter de le tenir à l’écart du pays. En se présentant sur place et en publiant lui-même les photos, Infantino faisait passer le message que les fédérations caribéennes ne sont pas tenues de suivre la ligne de Montagliani.
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Un reporter de Sky News éconduit
Le seul moment où Infantino s’est retrouvé face à une caméra remonte à vendredi, quand le reporter de Sky News James Matthews lui a demandé s’il avait trahi le sport et s’il devait démissionner. «Merci beaucoup», a répondu Infantino, avant de plaisanter sur le fait qu’ils étaient tous les deux chauves et de passer son chemin.
Voilà à quoi s’est résumée son intervention publique sur la crise. Aucun communiqué, aucune défense du plan FFE, aucun commentaire sur la lettre de Montagliani. Rien que les photos.
Les confédérations ne livrent pas les voix
La politique derrière ce déplacement est une affaire de chiffres. L’UEFA, la Confédération asiatique de football et la CONCACAF étudient toutes une motion de défiance pour écarter Infantino avant la fin de son mandat. Pour imposer le sujet à l’ordre du jour d’un Congrès extraordinaire de la FIFA prévu le 23 novembre, 43 des 211 associations membres de la FIFA devraient signer avant le 23 septembre, et le destituer exigerait ensuite la majorité simple des voix exprimées.
Les confédérations ne contrôlent pas le vote de leurs membres. Chacune des 211 associations nationales dépose son propre bulletin, et la confédération africaine, la CAF, a déjà déclaré publiquement qu’Infantino disposait toujours du soutien de l’Afrique. La zone caribéenne, un ensemble de petites fédérations au sein de la CONCACAF, est un autre terrain où ses opposants ne peuvent pas partir du principe que les voix suivront la ligne de la direction.
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Punta Cana était un week-end de travail dans cette arithmétique.
Le 18 novembre, puis le 18 mars
Le 18 novembre est la date limite pour les candidats qui souhaitent défier Infantino lors du 77e Congrès de la FIFA, le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. Aucun prétendant ne s’est déclaré publiquement. Si la voie de la motion de défiance échoue ou n’arrive jamais en séance, Infantino se présentera à Rabat en tant que sortant.
Il se comporte comme un homme convaincu que ce sera le cas.
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