Alors que la contestation s’étend parmi les fédérations, les supporters et d’anciens joueurs, l’une des plus grandes figures du football africain s’est clairement rangée derrière Infantino.
Président de la Fédération camerounaise, Eto’o estime que la violence des critiques s’explique avant tout par l’approche de l’élection à la présidence de la FIFA.
Eto’o conteste la version européenne
L’ancien attaquant du FC Barcelone, de l’Inter Milan et de Chelsea considère qu’Infantino n’a commis aucune faute. Il lui a garanti son soutien personnel ainsi que celui de sa fédération.
Eto’o juge également que le dirigeant a changé le football. Il met en avant les investissements consacrés au développement et les nouvelles possibilités offertes à des nations auparavant éloignées de la Coupe du monde.
D’après CNN Brasil, il estime que les 211 associations membres auraient dû examiner le projet et laisser une majorité décider de son avenir.
Le Camerounais n’est pas convaincu que les voix opposées au texte représentent la majorité mondiale. Il se place ainsi à contre-courant de l’UEFA, de l’AFC et de la Concacaf.
Un projet à 20 milliards de dollars
Le conflit porte sur FIFA Forward Enterprise, une filiale appelée à regrouper les opérations commerciales de la FIFA et l’organisation de ses grandes compétitions.
Le projet prévoyait de céder 20 % de l’entreprise à des investisseurs privés. Sa valorisation aurait atteint environ 20 milliards de dollars, alimentant les accusations de privatisation partielle de la Coupe du monde.
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La FIFA affirmait qu’elle conserverait durablement le contrôle de la structure. Dans sa présentation officielle, elle promettait 20 millions de dollars à chaque fédération pour la période 2027-2030.
Un programme volontaire financé par les investisseurs pouvait ajouter 20 millions supplémentaires. Pour des fédérations aux ressources limitées, ces sommes auraient permis d’accélérer la construction d’infrastructures et la formation des jeunes.
Eto’o estime que ces revenus auraient rééquilibré le football mondial. Des fédérations africaines plus puissantes pourraient, selon lui, mieux conserver leurs talents et éviter qu’ils ne choisissent d’autres sélections nationales.
L’UEFA avait menacé de boycotter
L’UEFA et ses 55 associations ont unanimement rejeté le modèle. Elles redoutaient que la recherche de rentabilité finisse par peser sur les calendriers, les formats des compétitions et les décisions sportives.
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Dans une déclaration commune, les fédérations européennes avaient menacé de ne plus participer aux compétitions de la FIFA tant que le projet resterait en vie.
Infantino a finalement retiré sa proposition le 31 juillet, reconnaissant qu’elle avait créé des divisions. Cette décision n’a pourtant pas mis fin aux demandes de changement à la tête de l’organisation.
Des anciens Bleus réclament un changement
Eto’o souhaite désormais que le texte soit remis en discussion après une réélection d’Infantino. Il pense qu’un vote de l’ensemble des membres déboucherait sur son adoption.
Sa prise de position intervient au moment où plusieurs joueurs et anciens internationaux réclament une nouvelle direction. Emmanuel Petit, Robert Pirès et Mikaël Silvestre figurent parmi les Français engagés dans cette contestation, rapporte L’Équipe.
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Deux conceptions s’opposent désormais. L’Europe veut protéger les compétitions des intérêts privés, tandis qu’Eto’o et plusieurs responsables africains insistent sur les moyens financiers distribués sous la présidence d’Infantino.
Infantino reste pour l’instant le seul candidat déclaré pour mars 2027. Le soutien public d’Eto’o montre que la fronde européenne est puissante, mais encore loin de faire l’unanimité au sein de la FIFA.
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