L’accord réexaminé est Manchester Life, une coentreprise créée en 2014 entre le conseil municipal et Abu Dhabi United Group (ADUG), le véhicule détenu par Cheikh Mansour qui contrôle Manchester City. Un accord de collaboration complémentaire signé en 2015 a accordé à la coentreprise un droit de préemption de 10 ans sur les terrains à bâtir appartenant au conseil à Ancoats et New Islington, deux quartiers post-industriels du centre de Manchester. Cet accord est arrivé à échéance en 2025 et n’a pas été renouvelé.
Au cours de la décennie du contrat, Manchester Life a construit près de 1 800 logements sur ces terrains. La part des bénéfices revenant au conseil s’est élevée à moins de 3 millions £, le premier versement d’intéressement de 2,9 millions £ n’étant arrivé qu’au cours des deux dernières années, dans le cadre d’un montage qui permettait à ADUG de récupérer ses coûts de développement et d’empocher des rendements de 8 % en phase un et de 10 % en phase deux avant que le conseil ne voie le moindre centime de bénéfice.
« Un tapis rouge », estiment des promoteurs concurrents
Un promoteur anonyme du nord-ouest de l’Angleterre, interrogé par The Times, a qualifié l’accord d’« arrangement de faveur » et a déclaré qu’ADUG avait eu droit « au tapis rouge, ce qui n’est pas le cas d’autres promoteurs implantés au Royaume-Uni ». Ces informations ont suscité une défense de la part du conseil, dont le porte-parole a mis en avant le bilan en matière de rénovation urbaine.
« Le partenariat Manchester Life a été mis en place pour réaliser un développement résidentiel important et créer la confiance des investisseurs ainsi qu’une plateforme permettant à d’autres promoteurs d’entrer sur le marché et d’investir à Manchester », a déclaré le porte-parole.
« Son succès doit se mesurer à ce qu’il a produit directement et à ce qu’il a permis de débloquer. La régénération d’Ancoats et de New Islington constitue en elle-même une réussite reconnue à l’international. »
Manchester Life revendique 1 500 logements neufs, deux filatures historiques restaurées et 30 000 pieds carrés d’espaces commerciaux dans le cadre d’un programme de régénération de 1,25 milliard £. Un audit interne mené en juillet par le conseil lui-même a reconnu des faiblesses dans la documentation, le suivi et le contrôle des anciens dispositifs d’intéressement de ce type.
Stannard et Bridges héritent du dossier de l’ère Leese
Cet examen est porté par des responsables qui n’étaient pas en poste au moment de la signature. Le directeur général Tom Stannard et le nouveau chef du conseil fraîchement élu, Garry Bridges, ont hérité du dossier de Sir Howard Bernstein et Sir Richard Leese, qui ont dirigé le conseil pendant près de deux décennies et ont validé l’accord avec ADUG. Leese est aujourd’hui président d’honneur de Manchester City et a défendu la décision d’origine, estimant que l’investissement d’Abou Dabi était indispensable pour lancer la régénération d’Ancoats à un moment où les promoteurs privés ne se bousculaient pas pour y bâtir.
L’examen en cours est présenté comme une réévaluation interne, et le conseil a précisé qu’il ne soupçonne aucune activité illégale par le passé, mais seulement qu’un accord similaire ne serait pas signé aujourd’hui.
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City attend ses sanctions pour 114 chefs d’accusation
La réévaluation du conseil tombe à un moment délicat pour City. Une commission de la Premier League a jugé fin septembre que le club était coupable de 114 des 115 chefs d’accusation financiers portés par la ligue, couvrant une surévaluation présumée des revenus et une sous-déclaration des coûts sur plusieurs saisons. Le club devrait faire appel, et une décision définitive sur les sanctions, qui pourraient aller d’un retrait de points à une exclusion, n’est pas attendue avant début 2027.
Andy Burnham a été maire du Grand Manchester de mai 2017 à la mi-2026, période qui couvre l’essentiel du contrat Manchester Life, et il est aujourd’hui Premier ministre du Royaume-Uni. Le conseil n’a pas fixé publiquement de date de fin pour son propre examen du partenariat avec ADUG.
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