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Aucune preuve d’un avertissement de la FIFA concernant les affirmations liées à Fabrizio Romano, mais des fuites confidentielles pourraient tout de même entraîner des sanctions

Ce que la publication affirme

La publication virale sur Instagram affirme que la FIFA a averti les clubs, les agents et les directeurs sportifs que le fait de divulguer des informations contractuelles à des journalistes, y compris à Fabrizio Romano, pourrait entraîner de lourdes sanctions, et qu’une grande enquête commencerait à la fin de la saison. Le problème est que cette formulation ne peut être retrouvée ni dans les archives publiques d’actualités de la FIFA ni dans les mises à jour juridiques continues de l’organisation.

Selon l’aperçu officiel des communiqués de presse de la FIFA et Latest from Legal & Compliance, la FIFA a publié de nombreux contenus sur des affaires disciplinaires, les règles applicables aux agents et les questions d’intégrité, mais il n’existe aucun texte public décrivant une campagne spécifique contre des journalistes ni une enquête liée à Fabrizio Romano. C’est pourquoi l’angle journalistique le plus précis n’est pas d’affirmer que la FIFA a déjà ouvert une telle procédure, mais de souligner que cette publication diffuse une affirmation qui n’apparaît pas dans les sources officielles.

Ce que la FIFA a réellement publié

Selon le FIFA Football Agent Regulations, en particulier l’article 19, la FIFA elle-même doit rendre un certain nombre d’informations accessibles au public, notamment les noms des agents licenciés, les clients qu’ils représentent, les services d’agence fournis, les éventuelles sanctions et les détails des transactions, y compris les commissions de service. Cela est important, car cela montre que le propre cadre réglementaire de la FIFA prévoit déjà un certain degré de transparence, et que toute divulgation d’informations ne peut pas automatiquement être décrite comme une fuite irrégulière.

Dans le même temps, l’article 21 du même règlement prévoit que la Commission de Discipline de la FIFA et, le cas échéant, la Commission d’Éthique peuvent sanctionner un agent ou un client qui enfreint les règles, les Statuts de la FIFA ou d’autres règlements de la FIFA. Autrement dit, il existe clairement une voie disciplinaire dans les règles, mais les documents publics n’indiquent pas que la FIFA a émis l’avertissement général décrit dans la publication, et ils ne disent pas non plus qu’il est automatiquement illégal de parler à un journaliste. Cela dépend de ce qui a été communiqué, de la personne qui l’a communiqué et des obligations qui s’appliquaient dans cette relation précise.

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Pourquoi les fuites d’informations contractuelles peuvent créer des problèmes juridiques

Si un dirigeant de club, un directeur sportif ou un agent licencié partage des détails contractuels confidentiels, la première question peut être celle de la loyauté et de la confidentialité. Selon le FIFA Code of Ethics, ce code s’applique aux officiels, aux joueurs, aux agents de match et aux agents de football, et l’article 16 impose un devoir de loyauté, tandis que l’article 17 exige des personnes concernées qu’elles traitent les informations confidentielles comme telles lorsqu’elles ont été communiquées avec une attente de secret. Le code précise également que les violations peuvent être sanctionnées par des amendes et des interdictions de participer à des activités liées au football.

En outre, le droit commun peut aussi entrer en jeu. Si les éléments divulgués contiennent des données à caractère personnel, telles que des détails sur les salaires, les primes ou d’autres conditions contractuelles identifiables, les principes fondamentaux du RGPD et les règles relatives au traitement licite exigent que les données soient traitées de manière licite, loyale et transparente, et qu’il existe une base juridique valable pour ce traitement. Si les informations sont également sensibles sur le plan commercial et ne sont pas connues du public, elles peuvent, dans certains cas, relever de la directive de l’Union européenne sur les secrets d’affaires, qui protège le savoir-faire non divulgué et les informations commerciales contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites.

Le point essentiel, toutefois, est que cela ne rend pas automatiquement illégal le travail du journaliste. L’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne protège la liberté d’expression et d’information, et l’article 85 du RGPD impose aux États membres de concilier la protection des données avec la liberté d’expression et d’information, y compris à des fins journalistiques. Pour cette raison, le risque juridique le plus évident pèserait généralement sur la personne ou l’entité qui aurait pu violer une obligation de confidentialité, un contrat ou les règles de protection des données, et non nécessairement sur le journaliste qui reçoit et publie l’information dans un contexte d’actualité.

Ce que les règles et le dossier public suggèrent réellement

Selon les sources publiquement disponibles au 1er avril 2026, il n’existe aucune preuve que la FIFA ait officiellement annoncé que les clubs, les agents et les directeurs sportifs feraient l’objet d’une enquête spéciale en fin de saison pour des fuites adressées à des journalistes tels que Fabrizio Romano. Cette partie de l’histoire doit donc être traitée comme non confirmée, et non comme un fait établi. Une formulation plus précise et fondée sur les sources serait de dire que les règles de la FIFA permettent des sanctions en cas de comportements fautifs spécifiques, mais que les sources publiques de la FIFA ne contiennent pas l’avertissement précis décrit dans la publication virale.

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Si cette histoire doit être rédigée de manière responsable, l’angle devrait donc être double. Premièrement, l’affirmation diffusée sur Instagram n’est appuyée par aucune déclaration officielle de la FIFA. Deuxièmement, les fuites confidentielles dans le football peuvent malgré tout entraîner une exposition juridique ou disciplinaire si elles impliquent des violations des règles éthiques de la FIFA, du règlement sur les agents, d’obligations contractuelles de confidentialité, du droit de la protection des données ou de la protection des secrets d’affaires. C’est une conclusion bien plus précise que d’affirmer que Fabrizio Romano a déjà été déclaré dans l’illégalité ou qu’il est directement visé par une procédure confirmée de la FIFA.

Sources : FIFA, All media releases, FIFA, Latest from Legal & Compliance, FIFA Football Agent Regulations, FIFA Code of Ethics, European Commission, Principles of the GDPR, EUR-Lex, Directive (EU) 2016/943, EUR-Lex, Article 11 of the Charter, GDPR Article 85.

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