Claudius Schafer a confié à l’hebdomadaire dominical suisse SonntagsZeitung que la présidence de Gianni Infantino avait atteint un point où, dans n’importe quelle organisation, l’issue serait évidente.
«Quand j’ai vu comment toute cette affaire s’est déroulée et que les organes clés de la FIFA n’ont pas été associés, il n’y a fondamentalement qu’une seule conséquence dans n’importe quelle entreprise ou association», a déclaré le président des Ligues européennes, également directeur général de la Swiss Football League.
Son intervention du dimanche 2 août pèse le poids de 53 compétitions professionnelles masculines et féminines à travers l’Europe.
Elle survient deux jours après qu’Infantino a renoncé à un projet de cession d’environ 20 pour cent d’un nouveau véhicule commercial, FIFA Forward Enterprise, sur une valorisation d’environ 20 milliards de dollars, une opération qui aurait permis de lever quelque 4,2 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés emmenés par Thrive Capital, de Joshua Kushner.
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«Personne n’était au courant du projet»
La pique la plus acérée de Schafer visait la manière dont le projet avait été poussé en interne à la FIFA.
«Personne n’était au courant du projet, pas même le Conseil de la FIFA, l’organe dirigeant de la FIFA», a-t-il confié au SonntagsZeitung.
«J’ai été très surpris que le président agisse totalement seul dans cette affaire.»
Interrogé sur le point de savoir si cela rendait Infantino intenable dans sa fonction, Schafer ne l’a pas nommé.
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«C’est habituellement la conséquence lorsqu’une personne, au sein d’une entreprise, fait avancer un tel accord sans que quiconque n’en ait connaissance», a-t-il dit.
Il a également rejeté le postulat commercial.
«Il s’agit uniquement des avantages financiers ; tout le reste est complètement ignoré»,
a poursuivi Schafer, estimant que ce modèle aurait poussé la FIFA vers davantage de matches et des compétitions plus grandes, étouffant les championnats nationaux dans un calendrier déjà surchargé.
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Une charge institutionnelle
La position de Schafer n’est pas isolée. Les 55 associations membres de l’UEFA se sont engagées plus tôt dans la semaine à boycotter les compétitions de la FIFA si la vente allait à son terme, et samedi la confédération est allée plus loin, affirmant dans un communiqué public que
«l’actuelle direction de la FIFA a non seulement perdu la confiance de l’UEFA, mais aussi celle de nombreux autres membres de la famille du football». L’UEFA a décrit l’arrangement comme un «accord minable, opaque, conclu en coulisses».
La CONCACAF, la confédération qui couvre l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et les Caraïbes, s’est jointe au mouvement le même jour.
La proposition, a-t-elle affirmé, «n’atteint pas ce stade par hasard. Elle est le symptôme d’une direction qui ne place plus le football en premier», et a exigé «un examen complet de cette présidence».
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Toutes les composantes du jeu ne se sont pas retournées contre Infantino : le Qatar a soutenu la proposition, et le président de la fédération marocaine Fouzi Lekjaa a réitéré son soutien au patron de la FIFA même après ce revirement.
Le président de la Confédération asiatique de football, cheikh Salman bin Ebrahim Al-Khalifa, a salué le rétropédalage samedi mais s’est abstenu de critiquer Infantino personnellement. En annonçant ce revirement vendredi 1er août, Infantino a affirmé que le projet avait «créé des divisions d’une nature telle que, quel que soit le niveau de soutien reçu, elles ne servent plus l’objectif fixé au départ».
La contribution de Schafer déplace la pression vers le bas. L’UEFA et la CONCACAF parlent au nom des fédérations nationales.
L’instance des Ligues européennes parle, elle, au nom des clubs et des compétitions où les joueurs sont payés et où les calendriers sont fixés. Ajouter son président à la liste des grandes figures qui remettent publiquement en cause le mandat d’Infantino porte la crise au cœur même du football national.



