L’UEFA s’apprête à déposer une plainte en Suisse contre le président de la FIFA, Gianni Infantino, alléguant une « gestion criminelle » en lien avec un plan de cession avorté de la Coupe du Monde. L’instance dirigeante du football européen cherche également à obtenir la divulgation de documents cruciaux aux États-Unis pour étayer son dossier devant les tribunaux suisses.
Le cœur de la plainte de l’UEFA tourne autour de la proposition abandonnée de Fifa Forward Enterprise (FFE). Ce plan aurait vu Thrive Capital, la société de Joshua Kushner, acquérir 21 % des futurs revenus de la FIFA à perpétuité pour 4,2 milliards de dollars. L’UEFA, dans un document de 56 pages soumis à trois tribunaux américains, a décrit la proposition FFE comme ayant une « valeur d’entreprise absurdement basse d’environ seulement 20 milliards de dollars » (14,7 milliards de livres sterling).
Des questions soulevées sur l’évaluation de la FFE
Les préoccupations concernant l’évaluation de la FFE ont été au centre de l’opposition de l’UEFA. Les revenus de la FIFA pour le cycle de quatre ans précédant la dernière Coupe du Monde s’élevaient à 15 milliards de dollars. Les analystes de marché ont également suggéré qu’une valorisation de 20 milliards de dollars pour la FFE était particulièrement basse, d’autant plus que l’accord n’aurait pas empêché l’expansion des tournois existants ou l’introduction de nouveaux. Soulignant davantage la sous-évaluation perçue, Joshua Kushner s’est ensuite associé à Bob Iger pour acheter les Lakers de Los Angeles pour 12,5 milliards de dollars.
L’action en justice de l’UEFA fait suite à de nombreuses demandes infructueuses de divulgation de documents auprès de la FIFA. Comme une source l’a interrogé ce mois-ci : « Nous devons savoir s’ils vendaient la Coupe du Monde à un prix bradé. »
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L’avenir d’Infantino et la lutte de pouvoir
Au-delà de la valorisation, l’UEFA soupçonne Infantino de se positionner pour un rôle très lucratif de président de la FFE, potentiellement d’une valeur de dizaines de millions de livres sterling par an, après son départ prévu de la présidence de la FIFA en 2031. Cette démarche juridique intervient alors que l’UEFA, alliée à la Concacaf, tente de rallier le soutien des associations membres de la FIFA pour destituer Infantino lors de la prochaine élection présidentielle de mars.
Malgré ces efforts, certaines associations de football ont indiqué en privé que des preuves concrètes d’activité criminelle ou d’enrichissement personnel seraient nécessaires pour qu’elles retirent leur soutien à Infantino. Le contexte de l’histoire de la direction de la FIFA donne du poids à la situation actuelle :
- Sir Stanley Rous fut le dernier président de la FIFA à quitter ses fonctions après un vote en 1974.
- João Havelange a démissionné après 24 ans et a été reconnu plus tard coupable d’avoir accepté des pots-de-vin.
- Sepp Blatter a démissionné en 2015 au milieu d’une enquête du FBI qui a conduit à plus de 20 condamnations pénales aux États-Unis.
Infantino, quant à lui, a récemment assisté à une réunion de l’Union Caribéenne de Football en République Dominicaine, où il a approuvé plusieurs projets de financement, selon The Guardian.
L’UEFA a déposé des documents judiciaires à New York, en Floride et au Colorado dans le cadre de sa stratégie visant à obtenir les documents nécessaires aux procédures judiciaires suisses, soulignant la portée internationale de ce différend croissant.
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