Donald Trump a pris parti dans la plus profonde crise de gouvernance qu’ait connue la FIFA depuis dix ans, mettant en garde l’instance dirigeante du football contre une éventuelle éviction de Gianni Infantino.
«La FIFA commettrait une terrible erreur si, pour une raison quelconque, elle envisageait ne serait-ce que de remplacer le président Gianni Infantino», a écrit Trump lundi sur Truth Social, qualifiant l’avocat italo-suisse de «fantastique».
«Il est fantastique, lui qui vient de présider la Coupe du monde la plus réussie de tous les temps, quatre fois plus que toutes les précédentes. S’il s’en va, elle ne sera plus jamais aussi réussie ni aussi rentable !»
Une lettre ouverte calibrée pour une pression maximale
Le message de Trump est tombé le jour même où les présidents de l’UEFA, de la CONCACAF et de la Confédération asiatique de football rendaient publique une lettre commune attaquant la direction d’Infantino. Cosignée par Aleksander Čeferin pour l’UEFA, Salman Bin Ibrahim Al-Khalifa pour l’AFC et Victor Montagliani pour la CONCACAF, aux côtés de trois secrétaires généraux, la lettre accuse Infantino d’une «rupture fondamentale de la confiance».
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«Le football est la plus grande passion partagée au monde. Il n’appartient à aucun individu», ont écrit les signataires, décrivant la conduite récente d’Infantino comme «non pas celle d’un gardien du jeu, mais celle de quelqu’un qui croit que le jeu doit lui rendre des comptes».
L’élément déclencheur a été FIFA Forward Enterprise, un projet visant à céder des participations minoritaires dans un nouveau véhicule commercial valorisé à environ 20 milliards de dollars, pour lever environ 4,2 milliards de dollars auprès d’investisseurs extérieurs. Parmi les soutiens potentiels figurait Thrive Eternal, le véhicule à capital permanent lancé par Joshua Kushner, frère de Jared, gendre de Trump. Infantino a abandonné le projet le 1er août après avoir conclu qu’il avait créé des divisions incompatibles avec ses objectifs affichés.
La CAF et la CONMEBOL le maintiennent en place
La bataille a divisé le football mondial selon des lignes continentales. L’UEFA, la CONCACAF et l’AFC se sont dressées contre Infantino, tandis que la Confédération africaine de football a voté à l’unanimité pour le soutenir, et que la CONMEBOL s’est publiquement opposée à toute tentative de le destituer qui n’impliquerait pas un vote complet des 211 associations membres de la FIFA.
Le 7 août, la fédération mexicaine de football a rompu les rangs avec la CONCACAF pour se prononcer en faveur d’Infantino, tandis que l’AFA argentine est allée au-delà de la position neutre de la CONMEBOL avec son propre soutien sans réserve. La Fédération mexicaine de football a déclaré qu’elle «ne reconnaîtra ni n’approuvera aucun processus convoqué en dehors de ce cadre institutionnel».
Les confédérations ne contrôlent toutefois pas le vote de leurs membres. Chacune des 211 associations de la FIFA déposera son propre bulletin lorsque Infantino se présentera pour un quatrième mandat au Congrès de la FIFA au Maroc en mars 2027.
Figo : Infantino a «avili» la présidence
La pression sur Infantino n’est pas venue uniquement de la lettre des confédérations. La légende du Portugal et du Real Madrid Luis Figo a appelé à sa démission, affirmant qu’il avait «avili» la présidence de la FIFA. La présidente de la Fédération norvégienne de football, Lise Klaveness, a déclaré que son instance «demandera au président de la FIFA de démissionner dès à présent», et le Premier ministre canadien Mark Carney a indiqué qu’il n’avait plus confiance dans le patron de la FIFA.
La FIFA a contre-attaqué pour défendre son président. Dans un communiqué daté du 9 août, l’instance dirigeante a accusé ses détracteurs d’un «effort concerté et continu» pour affaiblir Infantino, fondé sur «des affirmations non étayées et des allégations manifestement fausses», et a rappelé qu’il avait été «démocratiquement élu par les associations membres de la FIFA».
L’intervention de Trump transforme une querelle de gouvernance en affaire géopolitique. La famille de son gendre a été associée au véhicule d’investissement abandonné, et la Coupe du monde qu’il a encensée a été coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. En mars, les 211 fédérations décideront si le soutien d’un président américain pèse plus lourd que la colère de trois confédérations.
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