Le partenariat de tout premier rang entre Coca-Cola et la FIFA court jusqu’en 2030. Adidas est engagé jusqu’à la même échéance. Les deux contrats ont été signés en partant du principe que la Coupe du monde masculine resterait l’événement le plus important et le plus valorisé commercialement du sport mondial, avec toutes les meilleures équipes sur le terrain.
Ce postulat est mis à mal depuis le 28 juillet, jour où Infantino a dévoilé un projet de cession d’une participation minoritaire dans le bras commercial de la FIFA à un consortium d’investisseurs privés. Trois semaines plus tard, la controverse s’est amplifiée plutôt qu’apaisée.
Le lundi 10 août, l’UEFA, la CONCACAF et l’AFC ont publié une lettre commune accusant Infantino de « tromperie » dans sa gestion du dossier. Les trois confédérations, qui regroupent à elles seules 143 des 211 associations membres de la FIFA, ont qualifié l’affaire de « défaut de jugement » et exigé un examen indépendant.
Le projet qui a mis le feu aux poudres
La présentation du 28 juillet a détaillé le projet FIFA Forward Enterprise, une nouvelle filiale qui prendrait le contrôle des activités commerciales et de l’organisation des Coupes du monde masculine et féminine. La FIFA en conserverait 80 %, tandis qu’environ 20 % seraient cédés à un consortium d’investisseurs mené par Thrive Capital, le fonds dirigé par Joshua Kushner, avec JP Morgan comme conseil. Selon Yahoo Sports, la cession a été présentée sur la base d’un investissement de 4,2 milliards de dollars pour la tranche de 20 %, ce qui suppose une valorisation globale d’environ 20 milliards de dollars pour l’entité.
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La riposte a été immédiate. Le 30 juillet, les 55 fédérations membres de l’UEFA ont voté à l’unanimité le boycott de toutes les compétitions de la FIFA, à moins que la proposition ne soit retirée et jamais remise sur la table. Dans les 72 heures, Infantino l’a abandonnée. L’UEFA a maintenu sa menace de boycott.
Un contentieux qu’Adidas et Coca-Cola connaissent déjà
Pour les plus grands partenaires de la FIFA, ce choc de gouvernance vient s’ajouter à un différend commercial encore ouvert. Fin 2024, Adidas et Coca-Cola ont tous deux déposé une requête contre la FIFA auprès du Centre d’arbitrage suisse à Zurich, contestant la volonté de la FIFA de négocier des accords distincts pour la nouvelle Coupe du monde des clubs, en plus de leurs partenariats de tout premier rang déjà en vigueur.
Chacun de ces deux contrats Partenaires avoisinerait 70 millions de dollars par cycle de quatre ans. Le contrat d’Adidas, courant de 2015 à 2030, a été valorisé à environ 800 millions de dollars au total ; celui de Coca-Cola, renouvelé pour sept ans en 2023, à environ 400 millions. Coca-Cola est ensuite parvenu à un compromis sur la Coupe du monde des clubs, mais l’enseignement pour les autres partenaires est que la FIFA est prête à rouvrir des accords que ses plus grands sponsors considéraient comme définitivement scellés.
Le cycle à 14 milliards de dollars suspendu à 2030
La FIFA vise des recettes d’environ 14 milliards de dollars pour le cycle commercial 2027-2030, un chiffre qui repose largement sur le renouvellement et l’élargissement des accords de tout premier rang autour de la Coupe du monde du centenaire en 2030, coorganisée par l’Espagne, le Portugal, le Maroc et l’Uruguay. Chacun de ces accords est chiffré sur le postulat même que l’UEFA attaque aujourd’hui : celui de la présence des meilleurs joueurs et des plus grandes équipes du monde.
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Les confédérations ne dictent pas le vote de leurs associations membres. Les statuts de la FIFA accordent à chacun des 211 membres une voix, unique et individuelle, et Infantino reste candidat déclaré à sa réélection en mars 2027. Mais les sponsors n’évaluent pas les crises de gouvernance à la manière des électeurs. Ils évaluent le risque que le tournoi 2030 arrive sans un plateau complet, sans soutien unanime, ou avec des instances toujours embourbées dans la controverse ouverte fin juillet.
Infantino a présenté ses excuses aux associations membres lors de la réunion du conseil d’administration de la FIFA à Rabat, le 5 août. La réponse de l’UEFA, dès le lendemain, rapportée par Al Jazeera, a été que sa confiance dans la présidence d’Infantino était perdue et que ses conditions pour la levée du boycott n’étaient pas remplies.
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