Le Centro de Ex Combatientes Islas Malvinas (CECIM) de La Plata, une association de vétérans argentins de la guerre de 1982, a publié un communiqué dimanche rejetant l’amende infligée à l’Association argentine de football (AFA) au sujet du drapeau déployé après la victoire en demi-finale contre l’Angleterre.
«Face à cette tentative de faire taire notre revendication, les habitants de cette terre, qui n’a pas encore été vendue à des magnats étrangers, demandent à l’AFA d’ouvrir un compte afin que chacun d’entre nous puisse y déposer un dollar. Notre identité vaut plus que cette honte.»
Les vétérans sont allés plus loin, présentant le geste des joueurs comme un acte politique qui a devancé des décennies d’inaction de l’État.
«Ces joueurs ont fait davantage pour la souveraineté argentine que des décennies de bureaucratie et de diplomatie tiède, en remettant notre cause sous les yeux du monde entier.»
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Leur intervention fait sortir la polémique du terrain sportif pour la faire entrer dans la politique d’une blessure nationale qui ne s’est jamais totalement refermée depuis la guerre de 74 jours pour les îles de l’Atlantique Sud, il y a plus de quatre décennies.
L’amende liée au drapeau
Les joueurs argentins avaient déployé la banderole «Las Malvinas son Argentinas» après la victoire en demi-finale contre l’Angleterre en juillet, un geste qui avait alors donné lieu à une plainte formelle. La FIFA a infligé à l’AFA une amende de 10 000 dollars pour cet affichage, un élément parmi d’autres dans une amende globale de 110 000 dollars couvrant une série d’incidents survenus lors de la Coupe du monde, dont des chants discriminatoires des supporters. La FIFA a également ordonné à l’AFA de consacrer 100 000 dollars à des projets de lutte contre le racisme.
Le président du CECIM, Rodolfo Carrizo, avait salué à l’époque le geste des joueurs comme «un geste magnifique» qui honorait ceux qui avaient combattu et perdu la vie en 1982.
Paredes et Molina frappés par de lourdes suspensions
Le même train de sanctions a débouché sur les punitions individuelles les plus lourdes, et ce sont ces suspensions, pas le drapeau, qui ont dominé la couverture internationale. Leandro Paredes a écopé d’une suspension internationale de dix matchs et d’une amende de 90 000 dollars pour avoir saisi à la gorge le défenseur espagnol Eric García et poussé Gavi au sol après la victoire 1-0 de l’Espagne en finale de la Coupe du monde. Nahuel Molina a hérité d’une suspension de sept matchs et de la même amende de 90 000 dollars pour son rôle dans la même échauffourée.
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Paredes a déjà réagi contre la FIFA, accusant l’instance dirigeante d’avoir pris le parti de l’Espagne.
«Oui, on voit bien le favoritisme accordé aux joueurs espagnols par les arbitres et la FIFA.»
«J’écope de 10 matchs de suspension et de 90 000 dollars après m’être défendu. Il est évident qu’ils ne se sont pas souciés de savoir ce que ce type m’avait dit, mais seulement de la façon dont j’ai réagi.»
L’AFA prépare son appel
L’AFA a confirmé qu’elle contestera les sanctions et, si nécessaire, saisira le Tribunal arbitral du sport (TAS). Son service juridique a fait savoir qu’il allait «demander à la FIFA les motifs des décisions susceptibles de révision afin de déposer des recours devant la commission d’appel de l’instance, tout en conservant la possibilité future de saisir le TAS en dernier ressort.»
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Pour les vétérans, le combat ne porte plus sur des suspensions de matchs ou sur des amendes à six chiffres. Il porte sur qui a le droit de parler au nom de l’Argentine, et de quoi.
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