Les avocats de l’UEFA ont déposé jeudi une requête au titre de la Section 1782 devant le tribunal du District Sud de Floride, réclamant des témoignages sous serment et des documents à deux entités de la FIFA installées près de Miami. Une demande de discovery parallèle vise Thrive Capital Management à Manhattan. Les deux constituent le terrain préparatoire à une plainte pénale que l’UEFA entend déposer en Suisse au titre de l’article 158 du Code pénal suisse, qui couvre la «gestion déloyale» et prévoit une peine maximale de cinq ans.
Alors que les associations membres de l’UEFA se réunissaient à Monaco à la veille du tirage au sort de la phase de groupes de la Ligue des champions, Gabriele Marcotti d’ESPN a rapporté que cette réunion habituelle de la confédération servait aussi de couverture à une offensive judiciaire coordonnée, préparée discrètement dans la nuit et dévoilée le lendemain matin.
Ce que vise la plainte
L’action porte sur un projet qu’Infantino a déjà abandonné. Selon le plan, la FIFA aurait transféré ses droits commerciaux à une filiale baptisée FIFA Forward Enterprise, avec 20 % du capital cédés pour 4,2 milliards de dollars à un consortium d’investisseurs mené par Thrive Capital, la société de Joshua Kushner. La valorisation d’entreprise implicite s’établissait à environ 20 milliards de dollars.
Les avocats de l’UEFA soutiennent que ce montant est «absurdement bas» et qu’il n’est ni le fruit d’«une vente aux enchères ouverte et concurrentielle, ni vérifié par un évaluateur indépendant».
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La requête va plus loin et affirme :
«En réalité, il s’agissait d’un véhicule permettant à Infantino et à ce petit cercle d’acquérir une participation permanente dans les actifs les plus précieux de la FIFA et d’en tirer profit d’une autre manière.»
Infantino a abandonné la proposition le 1er août après une vive levée de boucliers dans toute la pyramide du football. L’UEFA l’avait alors qualifiée d’«accord de coulisses opaque et trouble» et prévenu qu’«aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à la moindre compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront d’actualité».
Boycott écarté après les assurances données à Monaco
L’exécutif d’Aleksander Ceferin a officiellement écarté la menace de boycott à Monaco après avoir reçu l’assurance que le plan ne reviendrait pas. Les actions judiciaires ont clairement montré que ce répit est limité.
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Marcotti a rapporté que les responsables européens ont également laissé entendre qu’une escalade ultime restait sur la table si les garanties venaient à être rompues. Une position de l’UEFA citée dans son article indique :
«Au pire, nous nous retirerons de la Coupe du monde.»
Selon ESPN, l’UEFA a exhorté Infantino à «ne pas briguer un autre mandat» et s’est engagée à soutenir une alternative crédible attachée à l’intégrité. Marcotti a écrit que les directions de la Confédération asiatique de football et de la Concacaf soutiennent cette démarche.
Les confédérations ne décident pas du vote de leurs associations membres. Les 211 membres de la FIFA votent chacun individuellement lors du Congrès, et toute contestation de la présidence se règle une association à la fois.
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Les candidats doivent se déclarer d’ici le 18 novembre
Les candidats doivent formaliser leur candidature avant le 18 novembre pour se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. Infantino devrait briguer un quatrième mandat.
La FIFA l’a publiquement soutenu. Un haut responsable de la FIFA a déclaré à TalkSPORT qu’Infantino «fait ce qu’il peut pour garantir que le meilleur football se joue» et a pointé ce que le responsable a qualifié de «Coupe du monde extraordinaire à bien des égards» comme preuve de sa gestion.
Si la demande de discovery de l’UEFA est acceptée, ses avocats obtiendraient la correspondance interne entre Infantino, ses conseillers et le consortium d’investisseurs mené par Kushner.



