Sur les trois derniers Tours, Evenepoel a devancé Pogacar sur chacun des contre-la-montre plats que les deux hommes ont disputés. Les écarts ont progressé en ligne droite : 12 secondes en 2024, 16 secondes en 2025, 28 secondes en juillet dernier sur le chrono menant à Thonon-les-Bains. Un peu plus d’une seconde par kilomètre, et la tendance penche du côté du Belge.
Appliqué aux 71 kilomètres que les organisateurs ont intégrés au parcours 2027, l’écart le plus récent placerait Evenepoel, selon Cyclingnews, en tête d’environ 1 minute et 16 secondes sur son rival au cumul des chronos avant d’aborder les Pyrénées.
C’est à cette projection que le Belge va se raccrocher. L’obstacle, c’est l’ampleur. Evenepoel a terminé à 6 minutes et 26 secondes de Pogacar sur les Champs-Élysées en 2026, rappelle Cyclingnews. 1 minute et 16 secondes réduirait cet écart, sans le combler.
Un parcours taillé pour les points forts du Belge
Le chrono sera lancé à deux reprises. La 7e étape est un test de 38 km entre Blois et Chambord, à travers la vallée de la Loire, plate et rapide, précisément le terrain sur lequel Evenepoel avait mis fin à la mainmise de Pogacar au classement général à Caen il y a un an. Le second effort arrive lors de la 16e étape, une boucle de 33 km autour de Toulouse, globalement plate mais ponctuée d’une rampe courte et raide dans la Côte de Pech David, 800 mètres à environ 12 %, à l’intérieur des 10 derniers kilomètres.
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Cette bosse tardive complique la donne. L’avantage de Pogacar en puissance-poids grandit dès que la route s’incline, et une courte rampe raide placée au cœur d’un chrono lui a historiquement autant profité qu’un tracé plat profite à Evenepoel.
Evenepoel a tout de même remporté la majorité de leurs récents duels contre la montre. Un face-à-face sur les dix derniers contre-la-montre des deux hommes place le Belge en tête, les victoires de Pogacar étant concentrées sur les parcours chargés en ascensions, comme le contre-la-montre en côte de Peyragudes en juillet 2025, où il avait repris plus de 2 minutes et 30 secondes à Evenepoel sur 10,9 kilomètres.
Puis arrivent les Pyrénées
Là où le parcours offre le chrono à Evenepoel, il tend la montagne à Pogacar. Trois arrivées au sommet reviennent au menu, à commencer par le Grand Colombier lors de la 9e étape (17,4 km à 7,1 %), puis Les Saisies lors de la 11e étape, et pour point d’orgue l’étape reine vers le Col du Portet lors de la 18e étape, le 22 juillet 2027. Celle-ci fait 16 km à 8,7 %, placée au sommet de plus de 5 000 mètres de dénivelé dans la journée, et marque le point le plus haut de la course.
Le lendemain reste dans les Pyrénées, avec une arrivée à Laruns via le Col de Marie Blanque et le Col de Soudet. Pogacar vise un sixième titre record sur le Tour et retrouvera, lors des deux dernières journées de montagne, un terrain dont il a depuis longtemps fait son domaine.
Les premiers rendez-vous en montagne du Grand Colombier et des Saisies s’intercalent entre les deux contre-la-montre, ce qui signifie que tout dégât subi là-haut entamerait directement les gains réalisés à Chambord, avant qu’Evenepoel ne puisse en ajouter d’autres à Toulouse.
Evenepoel, chef de file de Red Bull-BORA-hansgrohe après un transfert depuis Soudal Quick-Step en 2026, n’a encore jamais fait mieux que deuxième sur le Tour. Le Tour 2027 s’élancera d’Édimbourg le 2 juillet 2027 et rejoindra Paris le 25 juillet, le contre-la-montre de Chambord lors de la 7e étape étant le premier moment où il pourra commencer à mettre le parcours à l’épreuve.



