Un champion part avec un héritage divisé
Le spécialiste russe du dos quitte le sport avec des médailles d’or olympiques, des résultats de classe mondiale et une place parmi les nageurs les plus titrés de son pays. Pourtant, ses exploits dans le bassin côtoient désormais quelque chose de bien plus politiquement chargé : son soutien public à Vladimir Poutine après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Selon Swimming World Magazine, Rylov a officiellement annoncé sa retraite après une carrière qui est devenue étroitement liée à son apparition lors d’un rassemblement pro-Poutine à Moscou en mars 2022.
Ce moment a changé la perception que beaucoup, en dehors de la Russie, avaient de lui. Rylov n’était pas simplement un nageur pris dans une tempête géopolitique. En se tenant sur scène lors du rassemblement et en portant le symbole « Z », largement associé au soutien à la guerre de la Russie en Ukraine, il est devenu une partie de l’image politique que le Kremlin voulait projeter.
Le rassemblement de Poutine qui a tout changé
Avant le rassemblement, Rylov était surtout connu comme un champion olympique. Après cela, son nom est devenu associé à l’une des questions les plus inconfortables du sport : où s’arrête la loyauté nationale et où commence l’adhésion politique ?
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World Aquatics, alors connue sous le nom de FINA, lui a infligé une suspension de neuf mois en avril 2022. La sanction est intervenue après son apparition aux côtés de Poutine, et à un moment où les athlètes russes et biélorusses étaient déjà écartés de nombreuses compétitions internationales suite à l’invasion de l’Ukraine.
Pour Rylov, les conséquences ont été immédiates. Sa carrière internationale a effectivement stagné. Sa dernière apparition lors d’une compétition internationale majeure avait déjà eu lieu aux Championnats d’Europe en petit bassin 2021 à Kazan, en Russie. Il n’est jamais revenu sur la scène mondiale de la même manière.
Des médailles olympiques sous un jour plus lourd
La qualité de Rylov dans le bassin ne fait aucun doute. Aux Jeux olympiques de Tokyo, concourant pour le Comité olympique russe, il a remporté l’or sur le 100m et le 200m dos masculin. Il a également décroché l’argent olympique en relais et avait auparavant obtenu le bronze sur le 200m dos à Rio 2016.
Ces résultats ont fait de lui l’un des nageurs de dos marquants de sa génération. Il a également été nommé nageur européen masculin de l’année par Swimming World en 2021.
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Mais le sport choisit rarement le contexte dans lequel il est remémoré. Les médailles de Rylov font partie du palmarès. Tout comme l’image de lui se tenant à un rassemblement soutenu par le Kremlin alors que la guerre faisait rage en Ukraine.
Une amitié brisée par la guerre
Les répercussions n’ont pas été seulement institutionnelles. Elles ont été personnelles.
Le nageur ukrainien Mykhailo Romanchuk, autrefois ami de Rylov, a ensuite parlé ouvertement de la façon dont la guerre et la position publique de Rylov avaient détruit leur relation. Ses mots ont exprimé la colère ressentie par de nombreux athlètes ukrainiens qui ont vu d’anciens concurrents soutenir l’État russe.
Romanchuk a déclaré qu’il était devenu impossible de séparer le sport de la politique et a fait directement référence à la présence de Rylov au rassemblement de Poutine. « Nous étions amis avant, mais tout a changé », a-t-il déclaré.
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Cette phrase pourrait suivre Rylov presque aussi étroitement que ses titres olympiques.
Un adieu qui ne peut échapper à la politique
La Fédération russe de natation a salué la retraite de Rylov, le remerciant pour son dévouement, son caractère de champion et les émotions qu’il a procurées aux fans. Elle a décrit la fin de sa carrière comme la clôture d’une grande histoire sportive.
Mais en dehors de la Russie, cette histoire est bien plus compliquée.
Rylov prend sa retraite en tant que champion olympique, mais aussi en tant qu’athlète dont l’allégeance publique à Poutine a remodelé son héritage. Sa carrière contient triomphe, talent et discipline. Elle contient également un choix politique qui a fait de lui un symbole d’une rupture plus large dans le sport mondial.
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En fin de compte, la retraite de Rylov n’est pas seulement le départ d’un nageur décoré. C’est un autre rappel que, dans les années qui ont suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie, même les lignes épurées d’un couloir de natation n’ont pas suffi à tenir la politique à l’écart.
Sources : www.swimmingworldmagazine.com



