Les policiers sont arrivés au siège de Reporter TV à Kalamassery tôt mercredi matin et, presque au même moment, aux domiciles d’Anto Augustine à Kochi et de Joskutty Augustine à Wayanad. Les frères Augustine dirigent Reporter Broadcasting Company, la société privée qui devait faire venir Lionel Messi et l’équipe nationale d’Argentine au Kerala.
La visite ne s’est jamais concrétisée. Elle avait été annoncée comme un match amical contre l’Australie au stade Jawaharlal Nehru de Kochi le 17 novembre 2026, mais la rencontre a été annulée et les seules dates indiennes de Messi entre-temps se sont inscrites dans une tournée commerciale distincte qui n’a jamais concerné le Kerala.
Un paiement de 126 crores de roupies que personne ne parvient à retracer
Au cœur du dossier, un unique virement contesté. Reporter Broadcasting Company affirme avoir viré 126 crores de roupies à la Fédération argentine de football par l’intermédiaire d’une société basée aux États-Unis, Tour Prod Enter LLC, pour sécuriser la visite. Les enquêteurs indiquent n’avoir trouvé aucun relevé bancaire confirmant qu’une partie de cette somme soit parvenue à l’AFA.
L’équipe spéciale d’enquête de l’État, mise en place plus tôt ce mois-ci par le ministère de l’Intérieur du Kerala et dirigée par le directeur général adjoint P. Vijayan, a signalé 25,78 crores de roupies de fraude fiscale présumée imputée à la société, pour l’essentiel de l’IGST impayée sur le virement à l’étranger vers l’AFA. La SIT a également demandé à l’Enforcement Directorate d’ouvrir une enquête au titre du Foreign Exchange Management Act.
Le rapport plus complet de la SIT, cité par les médias indiens, évalue la fraude présumée à 549,22 crores de roupies une fois pris en compte les comptes non déclarés, les emprunts non enregistrés et le chiffre d’affaires dissimulé.
Reporter TV : « une atteinte à la liberté de la presse »
La perquisition de mercredi s’est rapidement muée en bras de fer politique. Reporter TV a affirmé que la police avait fait irruption pendant une émission en direct et confisqué les téléphones des employés en poste ; les policiers ont démenti, précisant qu’ils avaient seulement demandé aux salariés de mettre leurs téléphones de côté.
L’ancien ministre en chef du Kerala Pinarayi Vijayan, dont le gouvernement était aux affaires lors de la signature de l’accord, s’est montré plus tranchant.
« Le Keralam ne tolérera pas cet acte d’agression visant à museler les médias », a-t-il déclaré, qualifiant l’opération d’« atteinte méprisable à la liberté de la presse ».
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L’actuel ministre en chef V. D. Satheesan, dont le gouvernement a mis en place la SIT plus tôt ce mois-ci, a présenté ces perquisitions comme relevant d’une enquête financière légitime, et non d’une manœuvre dirigée contre un média.
Messi n’est visé par aucune accusation
Le footballeur lui-même n’a aucun rôle dans le dossier. Messi n’est ni mis en cause, ni cité comme témoin, et aucune source ne laisse entendre que lui ou ses représentants aient été au courant de la façon dont son image était utilisée au Kerala. La fédération argentine n’est partie à l’histoire que parce qu’elle est la contrepartie qui aurait été payée et qui, selon les conclusions actuelles des enquêteurs, n’a jamais reçu l’argent.
Ce que la SIT cherche à établir, c’est comment une société privée dotée d’un capital libéré de seulement 10 lakhs de roupies s’est retrouvée seule partenaire commerciale d’un projet qui promettait l’un des plus grands noms du sport mondial, et où est réellement passé l’argent qui a changé de mains.
La prochaine étape revient à l’Enforcement Directorate, à qui il a été demandé d’examiner le virement de 126 crores de roupies comme une possible infraction à la réglementation des changes.
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