La Fédération française de football a retiré son soutien à la candidature à la réélection de Gianni Infantino jeudi 10 septembre, son comité exécutif ayant voté à l’unanimité contre le soutien au président sortant qu’elle avait pourtant approuvé quelques semaines plus tôt.
«La confiance placée dans le président de la FIFA est rompue», a déclaré le président de la FFF Philippe Diallo, ajoutant que «les conditions de notre soutien à sa candidature n’étaient plus réunies».
La France rejoint une série de fédérations européennes qui ont publiquement pris leurs distances avec Infantino ces dernières semaines. La Belgique, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, l’Écosse, la Suède et, plus récemment, l’Autriche ont toutes retiré leur soutien, et Yahoo Sports évalue à environ 25 le nombre de nations qui se sont retournées contre lui.
Une plainte éthique relancée avec 100 000 noms
Mardi 8 septembre, l’ONG de défense des droits FairSquare, basée à Londres, a déposé une nouvelle plainte pour manquement à l’éthique auprès de la FIFA, appuyée par plus de 100 000 signataires du public, 50 députés du Parlement européen et la Fédération norvégienne de football.
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La plainte vise huit incidents reliant Infantino au président américain Donald Trump, dont la remise à Trump du tout premier Prix de la paix de la FIFA lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2026 et la participation d’Infantino à un «Board of Peace» créé par Trump.
FairSquare soutient qu’Infantino a «abusé de son pouvoir, manqué à son devoir de neutralité politique et manqué à son devoir de loyauté dans ses efforts pour s’attirer les faveurs du président américain».
La bataille de l’éligibilité
FairSquare a par ailleurs saisi le comité de gouvernance, d’audit et de conformité de la FIFA pour qu’il déclare Infantino inéligible à toute candidature. L’ONG affirme qu’il a déjà effectué le maximum de trois mandats prévu par les statuts de la FIFA ; la FIFA considère que son mandat partiel de 2016 à 2017, qui achevait celui de son prédécesseur, ne compte pas dans cette limite.
«Les règles indiquent clairement que trois mandats présidentiels constituent le maximum autorisé ; la FIFA ne peut pas simplement contourner cette règle, qui sert de garde-fou au pouvoir présidentiel, en affirmant que son premier mandat ne compte pas», a déclaré Nicholas McGeehan, directeur de FairSquare.
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La FIFA maintient qu’Infantino est éligible.
Le projet Kushner abandonné en août
Le slogan de campagne d’Infantino intervient après une période éprouvante au sein de la FIFA. Le projet FIFA Forward Enterprise, un dispositif visant à céder des parts des droits marketing de la Coupe du monde à un consortium d’investisseurs privés emmené par Joshua Kushner, a été abandonné en août après que les associations européennes, menées par l’UEFA, ont menacé de boycotter les compétitions de la FIFA.
Kevin Lamour, directeur des opérations de la FIFA, a été démis de ses fonctions dans la foulée après avoir critiqué le projet en interne. L’UEFA poursuit Infantino au pénal en Suisse et a saisi un tribunal fédéral américain pour obtenir des documents de la FIFA sur le projet abandonné.
Le 18 mars à Rabat
Le 77e Congrès de la FIFA se tiendra à Rabat, au Maroc, le 18 mars 2027, pour l’élection présidentielle. Les candidats doivent obtenir le parrainage de cinq associations membres d’ici au 18 novembre 2026, et le vainqueur doit recueillir 106 voix sur les 211 associations membres.
Les confédérations de la FIFA, dont plusieurs ont réclamé un changement à la tête de l’instance, ne contrôlent pas le vote de leurs membres. Chacune des 211 associations dépose son propre bulletin.
La FIFA a confirmé qu’Infantino sera candidat.
«Le président de la FIFA a annoncé en avril qu’il se présenterait à la réélection en 2027», a déclaré un porte-parole. «Bien entendu, rien n’a changé. M. Infantino sera candidat à la réélection.»



