Ce n’est pas simplement un nouveau sélectionneur qui arrive à la tête de l’équipe de France.
C’est une partie de l’histoire des Bleus qui revient à la maison.
La Fédération française de football a officialisé la nomination de Zinédine Zidane pour les quatre prochaines années, jusqu’à la fin de la Coupe du monde 2030.
Il prendra officiellement ses fonctions le 1er août 2026, succédant à Didier Deschamps après quatorze années de stabilité. Son premier match se déroulera le 25 septembre en Turquie, dans le cadre de la Ligue des nations. La Belgique et l’Italie figureront également au programme de sa première période internationale.
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« Il n’y a rien de plus grand que l’équipe de France », a déclaré Zidane au moment d’accepter le poste.
La phrase pourrait sembler convenue si elle venait d’un autre homme.
Dans son cas, elle résume une attente de presque cinq ans.
Qui est vraiment Zinédine Zidane ?
Zinédine Yazid Zidane est né le 23 juin 1972 à Marseille. Il avait 54 ans au moment de devenir sélectionneur.
Il a grandi à La Castellane, dans les quartiers nord, au sein d’une famille d’origine algérienne. Avant les stades remplis, les campagnes publicitaires et les trophées, il y eut donc Marseille, le football de rue et une éducation fondée sur la famille, le respect et le travail.
Cette origine n’est pas un simple élément biographique.
Elle est devenue une partie essentielle de ce que Zidane représente en France.
Il a incarné la possibilité de venir d’un quartier populaire, de porter un nom issu de l’immigration et de devenir le visage le plus reconnu du pays lors d’un moment d’unité nationale.
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Zidane n’a pourtant jamais cherché à occuper toute la lumière. Il s’exprime peu, protège sa vie privée et donne rarement l’impression de vouloir transformer chaque déclaration en événement.
Mais sur le terrain, son comportement était totalement différent. Il réclamait le ballon, ralentissait ou accélérait le jeu et assumait les décisions les plus importantes.
Cannes puis Bordeaux, la naissance d’un numéro 10
Après ses débuts dans des clubs marseillais, Zidane a rejoint le centre de formation de l’AS Cannes.
Il a découvert la première division à 17 ans. Sa technique et son équilibre étaient déjà remarquables, mais il devait encore apprendre à résister aux contacts et aux exigences physiques du football professionnel.
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Son transfert à Bordeaux en 1992 a accéléré son développement.
Avec Christophe Dugarry et Bixente Lizarazu, il a participé à l’aventure européenne qui a conduit les Girondins jusqu’à la finale de la Coupe UEFA en 1996.
Bordeaux s’est incliné face au Bayern Munich, mais Zidane était désormais prêt à quitter la France pour rejoindre un géant européen.
Sa carrière de joueur l’a mené de Cannes à Bordeaux, puis à la Juventus et au Real Madrid. Sous le maillot bleu, il a disputé 108 rencontres et inscrit 31 buts.
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La Juventus a transformé l’artiste en gagnant
Zidane a signé à la Juventus en 1996.
À cette époque, la Serie A réunissait certains des meilleurs défenseurs et entraîneurs de la planète. Le championnat italien ne permettait pas de vivre uniquement sur son talent.
À Turin, Zidane a appris la discipline tactique, l’exigence quotidienne et l’obligation de gagner.
Il a remporté les championnats d’Italie 1997 et 1998, la Supercoupe d’Europe et la Coupe intercontinentale. Il a également disputé deux finales consécutives de Ligue des champions.
Son passage à la Juventus a rendu son jeu plus complet. Il ne se contentait plus de créer. Il savait désormais contrôler toutes les dimensions d’une rencontre.
Le 12 juillet 1998, la France change de dimension
Zidane avait fait ses débuts en équipe de France en août 1994 face à la République tchèque.
Entré alors que les Bleus étaient menés 2-0, il avait marqué deux fois pour arracher le match nul.
Quatre ans plus tard, il a inscrit les deux buts les plus importants de sa carrière.
En finale de la Coupe du monde 1998, la France affrontait le Brésil au Stade de France. Zidane a marqué deux fois de la tête avant la pause. Emmanuel Petit a ajouté un troisième but en fin de match.
Pour la première fois, la France était championne du monde.
Le visage de Zidane a ensuite été projeté sur l’Arc de Triomphe. Le garçon de La Castellane était devenu une icône nationale et le symbole le plus visible d’une équipe présentée comme le reflet d’une France multiculturelle.
Aimé Jacquet avait construit un collectif extrêmement solide. Deschamps en était le capitaine. Mais Zidane devint le visage de la victoire.
Son plus grand tournoi fut peut-être l’Euro 2000
La Coupe du monde 1998 a fait de Zidane une légende.
L’Euro 2000 a probablement montré sa meilleure version sportive.
Il a dominé la compétition par sa technique, sa vision et sa capacité à contrôler le rythme. Il a marqué sur coup franc contre l’Espagne en quarts de finale, puis inscrit le penalty en or face au Portugal en demi-finale.
La France a ensuite battu l’Italie en finale.
Zidane considérait lui-même l’année 2000 comme l’une des meilleures de sa carrière. UEFA a décrit son influence sur le tournoi comme l’une des plus fortes jamais exercées par un joueur dans une grande compétition.
À ce moment-là, les Bleus étaient champions du monde et champions d’Europe.
Et personne ne contestait réellement l’identité de leur maître à jouer.
Le Ballon d’Or et le statut de meilleur joueur du monde
Après le sacre mondial de 1998, Zidane a remporté le Ballon d’Or.
La distinction récompensait autant ses performances avec la Juventus que son impact décisif avec les Bleus.
Zidane n’était pas un attaquant produisant des statistiques gigantesques. Son influence devait être observée autrement.
Il créait du temps là où les autres joueurs se sentaient pressés. Il protégeait le ballon grâce à son corps, éliminait un adversaire avec une rotation et trouvait des angles de passe invisibles pour la plupart des milieux.
Sa fameuse roulette est devenue l’un de ses gestes caractéristiques. Mais réduire Zidane à l’esthétique serait une erreur.
Il possédait également une grande puissance physique et une capacité exceptionnelle à décider des rencontres.
Le Real Madrid et la volée éternelle
En 2001, le Real Madrid a recruté Zidane en provenance de la Juventus pour un montant alors record.
Il rejoignait le projet des Galactiques de Florentino Pérez et une équipe composée de stars comme Raúl, Roberto Carlos, Luís Figo et plus tard Ronaldo et David Beckham.
Zidane avait gagné la Coupe du monde, l’Euro, le Ballon d’Or et plusieurs championnats. Il lui manquait encore la Ligue des champions.
Il l’a remportée dès 2002.
En finale face au Bayer Leverkusen, Roberto Carlos a envoyé un ballon haut vers l’entrée de la surface. Zidane a frappé de volée du pied gauche et placé le ballon dans la lucarne.
Le Real Madrid s’est imposé 2-1.
Zidane a disputé 227 matches officiels et marqué 49 buts pour le Real. Il a remporté six trophées comme joueur avant de mettre un terme à sa carrière en club en 2006.
Berlin, le génie et la faute
Zidane avait pris une première retraite internationale après l’Euro 2004.
Il est revenu en 2005 pour aider la France à se qualifier pour la Coupe du monde 2006.
En Allemagne, à 34 ans, il a produit une dernière série de performances exceptionnelles. La France a éliminé l’Espagne, le Brésil et le Portugal avant de retrouver l’Italie en finale.
Zidane a ouvert le score grâce à un penalty frappé à la manière d’une Panenka.
En prolongation, après un échange verbal avec Marco Materazzi, il a donné un coup de tête au défenseur italien et a été expulsé.
La France a perdu aux tirs au but.
Cette scène restera toujours liée à son histoire. Elle a montré que derrière le calme apparent existait un tempérament puissant, parfois incontrôlable.
Zidane a malgré tout reçu le Ballon d’Or récompensant le meilleur joueur de la Coupe du monde.
L’entraîneur que certains avaient sous-estimé
Après sa retraite, Zidane est resté lié au Real Madrid.
Il a été conseiller de Florentino Pérez, directeur sportif puis adjoint de Carlo Ancelotti. Il faisait partie du staff lors de la victoire en Ligue des champions en 2014.
Il a ensuite entraîné le Castilla avant de remplacer Rafael Benítez à la tête de l’équipe première en janvier 2016.
À l’époque, plusieurs observateurs estimaient que son nom avait joué un rôle plus important que son expérience.
Cinq mois plus tard, Zidane remportait la Ligue des champions.
Le Real a conservé le trophée en 2017, puis l’a remporté une troisième fois consécutive en 2018.
Zidane est devenu le premier entraîneur de l’ère moderne à gagner trois Ligues des champions de suite.
Onze trophées sur le banc madrilène
Au total, Zidane a remporté onze trophées comme entraîneur principal du Real Madrid.
Son palmarès comprend trois Ligues des champions, deux championnats d’Espagne, deux Coupes du monde des clubs, deux Supercoupes d’Europe et deux Supercoupes d’Espagne.
Il a réussi cette performance en dirigeant un vestiaire rempli de champions.
Cristiano Ronaldo, Sergio Ramos, Karim Benzema, Luka Modrić, Toni Kroos, Casemiro, Marcelo et Gareth Bale possédaient tous un immense statut.
Zidane a su préserver leur liberté sans perdre son autorité.
Ses anciens joueurs ont souvent décrit un entraîneur capable de transmettre des messages simples, de comprendre les moments psychologiques d’une saison et de ne pas compliquer inutilement le football.
Quel sélectionneur sera-t-il ?
Zidane n’est pas un entraîneur enfermé dans un seul système.
Au Real Madrid, il a utilisé le 4-3-3, le 4-4-2 et le milieu en losange. Il adaptait son organisation aux joueurs disponibles et aux besoins de chaque rencontre.
Lors de sa présentation, il a expliqué que le style des Bleus ressemblerait à ce qu’il avait réalisé à Madrid.
« Je suis animé par le jeu », a-t-il déclaré, en rappelant qu’il avait été un numéro 10 et qu’il aimait voir son équipe marquer. Il a toutefois insisté sur la nécessité de conserver un équilibre collectif.
La France ne devrait donc pas devenir l’équipe d’un système unique.
Elle devrait chercher à exploiter ses immenses qualités individuelles à l’intérieur d’un cadre adaptable.
Les joueurs français le respectent-ils ?
Zidane arrive avec une autorité naturelle que très peu de sélectionneurs pourraient posséder.
Il a été champion du monde avec les Bleus. Il a gagné les plus grands titres avec le Real Madrid et dirigé certaines des plus grandes stars de l’histoire récente.
L’exemple le plus important est celui de Kylian Mbappé.
En 2025, après avoir inscrit un triplé avec le Real Madrid sous les yeux de Zidane, Mbappé avait déclaré : « Zizou est une idole pour moi. Il représente beaucoup. »
Cette admiration est précieuse, car Mbappé est le capitaine et le joueur central de l’équipe.
Elle ne garantit cependant pas l’absence de tensions.
Zidane devra effectuer des choix, distribuer les rôles et parfois décevoir de grands joueurs. Il devra également décider de la hiérarchie et discuter de la question du brassard avec Mbappé et le reste du groupe.
Son passé lui offre du crédit.
Sa manière de gérer le présent déterminera combien de temps ce crédit durera.
Il a attendu presque cinq ans
Zidane n’avait plus entraîné depuis son départ du Real Madrid en mai 2021.
Cette longue absence est la principale interrogation qui accompagne sa nomination.
Le football a continué à évoluer. Le pressing, les données et la gestion physique ont encore gagné en importance.
Zidane assume pourtant pleinement cette pause.
« J’ai passé les quatre ou cinq dernières années à attendre ce jour », a-t-il expliqué. Il aurait pu accepter un projet en club, mais son objectif était de succéder à Deschamps.
Le métier de sélectionneur pourrait correspondre à ses principales qualités.
Le temps d’entraînement est limité. Il faut donc être capable de convaincre rapidement, de transmettre des idées simples et de créer une unité émotionnelle.
L’héritage de Deschamps et l’obligation de gagner
Zidane ne reprend pas une sélection en ruines.
Deschamps laisse une équipe expérimentée, profonde et habituée aux grandes compétitions. La France dispose notamment de Mbappé, Ousmane Dembélé, Michael Olise, Désiré Doué et de nombreux autres joueurs capables de décider des matches.
La mission n’est donc pas de reconstruire.
Elle est de gagner.
Zidane devra préserver les bases solides de l’ère Deschamps tout en donnant une nouvelle identité offensive à l’équipe.
Il sait que son statut ne le protégera pas indéfiniment.
Un quart de finale serait considéré comme un échec. Une demi-finale ne suffirait peut-être pas. La France attend des titres.
Zidane a offert au pays sa première Coupe du monde comme joueur.
Il doit maintenant tenter de devenir, après Deschamps, un nouveau champion du monde français à la fois sur le terrain et sur le banc.
La France ne lui a pas confié l’équipe pour entretenir la nostalgie.
Elle la lui a confiée pour continuer à gagner.



